‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 11 sur 284 · CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE l'ITALIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE l'ITALIE

philosophie aristotélicienne dominait, mais en passant par les interprètes arabes elle conservait l'empreinte laissée par ces philosophes. Les doctrines d'Averroës, ses tendances au matérialisme, envahissaient les esprits des hommes de science , et la cour de Frédéric II , centre d'érudition et du gai savoir, était pourtant un foyer d'erreurs dont n'avait pas su se défendre ce prince, qui se disait le restaurateur des études philosophiques *.

i( La cour de Frédéric et plus tard celle de Manfred, » devinrent un centre actif d'arabisme, et d'indifférence » religieuse 2. » Nous ne voyons pas que cela ait bien avancé les affaires politiques de ces princes, ni que le grand mouvement intellectuel de l'Italie soit sorti de là.

Les doctrines péripatéticiennes ne furent pas, dés leur apparition en Italie, confondues avec l'hérésie, comme il en advint en France, où l'on brûla les livres de métaphysique , comme pouvant alimenter les hérésies présentes ou futures 3. Et le clergé italien qui avait produit saint Anselme, saint Thomas, saint Bona-

1 Voy. la lettre écrite au nom de ce prince par son illustre et malheureux chancelier, Pierre délie Vigne. Epistolar., lib. III, ep. 69.

Voyez sur la philosophie du siècle de Dante, l'article de la Philosophie de Dante, de M. Ozanam, inséré dans la Revue française, livraison d'avril 1839.

- Averroëâ el l'Averroïsme, par M. Ernest Renan. Paris 1852, pag. 230.

^ Rigordus, deGestis Philippi-Augusti Francorum régis : «In diebus illis legebantur Parisiis libelli quidam ab Aristotele, ut dicebanlur, compositi, qui docebant metaphysicam ; delati de novo a Constantinopoli et a graeco in latinum translati, qui, quoniani non solum praediclae haeresi (hérésie d'Amauri de Chartres) senlenliis subtilibus occasionem praebebant, imo et aliis nondum inventis prsebere poteranl, jiissi sunl omnos comburi et sub pœiia uxcouimunicalionis

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venturc, savait so sorvir dos procoptos des anciens phi- I(3sophos , sans préjudice do la pureté delà foi. On n'aurait pu altondro do lui Texemplc de deslruclinn ((ue donnèrent à cette époque les prélats français *.

Certes nous ne manquerons pas de faire observer, puisque nous avons cité le nom d'Averroës, que les opinions de ce commentateur d'Aristote sur la nature de l'ame, justement réprouvées par les sages, s'étaient infiltrées même dans les écoles, et pervertissant l'esprit des moins prudents, éveillaient la sollicitude des plus instruits. D'où il faut attribuer à l'idée des dangers que de tels livres faisaient courir aux études, l'exbortation que Pétrarque faisait à l'un de ses amis d'achever un ouvrage qu'il avait commencé lui-même sans pouvoir le terminer, c'est-à-dire la réfutation des erreurs d'Averroës 2.

La philosophie platonicienne, développée par les Grecs réfugiés en Toscane, et par la faveur que lui accordait Laurent -le -Magnifique, reprenait vigueur.

caulum est in eodem Concilio ne quis eos de cœtero scribere, légère praesiimeret vel quocumque modo habere. »

Ap. Duchesne, Scriptores historige Francorum, toni. V, p. 51.

^ Année 1210. « Décréta inagistri Pétri de Corbelio Senonensis archiepiscopi Parisiensis Episcopi et aliorum episcoporum Parisis congregatorum super haeretici?. comburendis et libris non catholicis penitus destruendis,» ap. Marlène et Durand, Thésaurus novus anecdolorum, tom. IV, col 166.

^ Lib. epistolar. sin titulo, episLola ultima, M. Renan dans l'ouvrage cité, décrit la lutte de Pétrarque contre l'averroïsme, p. 260. Pétrarque a combattu Averroës, et ne s'est pas montré partisan d'Aristote, ennemi de l'astrologie et de l'alchimie; à une époque où ces erreurs étaient si répandues, .il mérite des éloges pour les avoir réfutées. Voy. M. Libri, Histoire des sciences mathématiques en Italie, tom. II.

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