‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 111 sur 284 · CHAPITRE VIII. — LOIS SUR L'iNDUSTRIE. ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — LOIS SUR L'iNDUSTRIE. ii

par la guerre entre le roi de France et celui d'Angleterre, et les conseils que l'écrivain florentin donnait à ses concitoyens , au milieu du xiv^ siècle, ne seraient pas déplacés dans les opérations hasardeuses d'aujourd'hui.

Les marchands florentins les plus solides comme les Bardi, les Peruzzi, les Acciaiuoli, les Bonaccorsi, les Cocchi, les Antellesi, les Corsini, ceux d'Uzzano, les Perondoli, les Alberti , avaient des maisons de banque dans toutes les villes commerçantes de l'époque.

Gomme les autres industries le change avait ses lois spéciales.

Les plus anciens statuts conservés à Florence sur le change, sont de 1299, mais ils mentionnent des statuts antérieurs.

Ces marchands, changeurs ou prêteurs, comme on voudra les appeler, demeuraient dans les quartiers les plus populeux de Florence, c'est-à-dire dans le nouveau marché et dans le vieux ; il ne leur était pas permis de faire leur commerce ailleurs. Sur le devant de leurs bureaux il y avait des tables sur lesquelles étaient étalés, l'argent et les livres de comptes. Chaque opération de change et de prêt devait être consignée sur ces livres, et ne pouvait être négociée que par des courtiers approuvés,

Il était défendu aux changeurs de former une société avec des étrangers ou avec des ecclésiastiques. Le commerce du change avait ses consuls qui veillaient à l'accomplissement des formalités de la loi.

11 n'y avait à Florence aucune loi qui fixât le taux légal de l'intérêt , mais pour procurer des placements

222 I)K LA LKGISLA riON ITALIENNE.

utiJos (l'ar^aMil, scion les cIk oiistances des personnes, il y avait cerlaines instidilions particulières coninie le. Mo}U, dont nous avons déjà p.iii*;, cl l'élahlissenienl des f/o/.v, créé en \All^), an moyen (Ukjik;! avec l'accumulation des intérêts, on grossissait la sofnrne déposée, lacpiellf! d(!vait être restituée après quinze ans si le déposant survivait, et tourner au profit du Mont, si le déposant mourait avant le terme.

L'adresse des Florentins visait aux moyens de s'enrichir, et la bonne administration des familles empêchait les désordres, limitait les dépenses et perpétuait, dans les souvenirs ' que le père léguait à son fils, une espèce de tradition domestique et d'enseignement pratique. Rien ne peut nous donner une idée plus vraie et plus avantageuse de l'ordre intérieur des maisons florentines et de l'esprit de famille d'alors, que ce qu'on lit dans les deux traités écrits au xv^ siècle, l'un par Mathieu Palmieri, sous le titre de Vie civile, l'autre attribué avec toute probabilité à Ange Pandoltini, intitulé : Gouvernement de la famille.

Nous avons déjà parlé des Banques, des Monts et d'autres institutions de crédit. Ajoutons encore que la dette publique fut l'objet des études des anciens financiers et des anciens jurisconsultes de l'Italie. Un des esprits les plus vastes et les plus versés en jurisprudence, qui vivait au xvii^ eiècle et dont nous aurons occasion de parler encore dans le cours de cette histoire, le cardinal J. B. de Luca nous a laissé une

' On sait que plusieurs de ces souvenirs (ricordi), ou livres de familles, subsistent encore, et on les publie de plus en plus.

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