CHAPITRE VIIL — LOIS SUR L'tNDUSTRTE
On ne doit pas taire toutefois que les marchands étrangers qui venaient s'établir en Sicile y étaient bien accueillis, et telle fut l'habitude, depuis que les princes normands vainquirent les Sarrasins dans l'île.
Dans la haute Italie, surtout dans le Milanais, on fit, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le faire remarquer, dès les temps les plus reculés, un grand nombre de canaux pour le transport des marchandises, l'irrigation, et pour faire mouvoir des machines hydrauliques destinées à l'agriculture. Landolfe, le vieil historien milanais du x^ siècle, raconte que le canal qui va de Milan au Lambro, servaità la navigation dans les temps anciens. Sous les Torriani, on entreprit de grands travaux qui devaient procurer à Milan les bénéfices d'une navigation artificielle. Entre la fin du xii^ siècle et le commencement du xiii^, on fit dériver de l'Adda et du Tessin, les deux grands canaux qui traversent aujourd'hui la province de Milan. Au xiv^ siècle les Milanais avaient songé à rendre navigables le canal appelé Vechiabbia, et la rivière du Lambro, pour lier Milan au Pô. De certains statuts de cette époque, il résulte qu'il avait été décidé qu'on creuserait un canal navigable qui mettrait en communication Milan et Venise ^
Les législateurs itahens ne négligeaient pas non plus les dispositions relatives à l'irrigation des champs. Quelques-uns de ces préceptes qui attirent aujourd'hui l'attention des hommes versés dans la haute adminis-
^ Voy. Histoire du projet des travaux pour la navigation intérieure du Milanais, de Joseph Bruschetti, Milan, 1821 , chap. l.