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200 m: LA LKGISLATION ITALIENNE.
après qu'on en eut prélevé des provisions pour sa femme et ses filles. On assigna à la première rintérèt de dix mille ducats placés à la chambre des emprunts, avec la condition qu'elle résiderait à Trévise ; on alloua à chacune des filles , une somme de cinq mille ducats, à la condition d'habiter les Etats vénitiens, et de ne se marier qu'avec le consentement du Conseil des Dix.
L'arrêt prononcé contre Carmagnole fut mis à exécution dans le jour même de la condamnation. Sa veuve et son secrétaire furent relâchés deux jours après ^
Ici se présente la demande qu'on se fait souvent après de semblables exécutions judiciaires dictées par la politique. Le comte Carmagnole était -il coupable, ou bien une pohtique intéressée le fit-elle passer pour tel? Ni le laconisme du jugement, ni ce que l'on connaît des actes du procès ne sulfit pour éclairer le doute , encore moins pour le lever. Tous les historiens s'accordent à dire que le gouvernement de Venise n'avait plus confiance en son général , et Machiavel va plus loin , en observant que les Vénitiens ne voulaient ni 7ie poiivaient le licencier sans perdre ce qu'ils avaient
^ Nous avons rédigé celle relation d'après des documents extraits des registres du Conseil des Dix conservés dans les archives de S. Marc à Venise, registre num. 11, misto Serne, 1430-37, publiés par le chev. Cibrario, dans l'opuscule intitulé : La mort du comte Carmagnole, illustrée, avec documents inédits. Turin, 1834-. Nous ajoute- .rons aussi que le récit du procès du comte Carmagnole que Tabbé Capiletti a mis dans son histoire de Venise, ne s'accorde pas dans tous les détails avec celui publié par le savant et consciencieux M. Cibrario.