‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 150 sur 284 · CHAPITRE IX. — TRIBUNAUX ET PROCÉDURE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — TRIBUNAUX ET PROCÉDURE

conquis , et partant qiiils furent réduits à la nécessité de le faire périr "pour s'en débarrasser.

Peut-être le secrétaire florentin , en parlant de cette terrible nécessité, approchait -il du vrai. Ce qu'il y a de certain , c'est que le bâillon quon avait mis au comte pour le mener au supplice, indique la crainte qu'on avait de l'entendre parler; et le bruit répandu par des hommes sérieux, que. la mort de Carmagnole était résolue longtemps avant de commencer le procès, fit croire que, dans le simulacre du jugement, on ne chercha pas autre chose qu'un voile qui vînt couvrir la première délibération *. Quoi qu'il en soit, si Carmagnole ne donna pas des motifs réels de croire à ses fautes , il en fit naître le soupçon , et le soupçon était puni de mort , au sein de la République soupçonneuse et implacable.

Vers la fin du xv^ siècle, les Sforce donnèrent un spectacle déplorable dans la condamnation à mort d'un ministre comblé d'années et de mérite. La réconciUation des méchants est parfois scellée de la ruine des hommes de bien. Ludovic-Marie Sforce, dit le More, s'était réconcihé avec Jean Galéas, duc de Milan, et avec Bonne de Savoie , mère de ce dernier. La faction gibeline, dirigée à Milan par Jean Borromée, Pierre de Pusterla et Antoine Marliano , avait juré la

^ L'opinion que la mort de Carmagnole avait été résolue d'avance, mais qu'on avait caché cette résolution pour mieux en assurer l'etïet, est consignée dans l'histoire de Poggio ; et Paul Sarpi ne fait que la répéter en disant que « cétait là l'ancien honneur de la circonspection vénitienne, d'avoir scrupuleusement gardé le secret huit mois durant, sur la résolution de faire périr le comte Carmagnole. »

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mort tic Cicco-Simonotta , Calabrais do naissance, ol qui, pondant do longuos années, avait été le principal ministre et l'âme des conseils du duc. Par des sentiments d'une noble répugnance, Simonetta s'était montré hostile à la faveur dont jouissait à la cour do la duchesse un certain Antoine Tassino qui , de maître d'hôtel, était devenu conseiller intime do la princesse. Tassino s'étant aperçu de l'aversion qu'il inspirait à Simonetta, ne tarda pas à se tourner vers les ennemis de celui-ci, et favorisa le retour du More. A peine celui-ci fut-il arrivé, que Simonetta se présenta à la duchesse, et, comme s'il eût été inspiré, lui annonça qu'elle perdrait bientôt l'Etat et lui, la vie. Il n'en fut pas autrement. Peu de mois après, Cicco fut arrêté dans les appartements du More , pendant que sa maison était mise à sac ; et peu après il était transféré , avec son frère Jean, ancien secrétaire du duc, au château de Pavie. Dès qu'on eut connaissance de l'arrestation de Simonetta, les sollicitations les plus chaleureuses furent faites auprès des princes pour obtenir sa mise en liberté; il vint même des envoyés de la part du duc d'Autriche pour solliciter en sa faveur. On n'obtint que de bonnes promesses. Sur ces entrefaites, arriva à Milan un ennemi acharné de Cicco, c'était Robert St-Séverin oui, à l'instioation de Borromée, de Pusterla et de leurs adhérents , persuada au More de faire mettre à mort Simonetta. On extorqua une lettre à la duchesse, en date du 7 août 1480, par laquelle elle ordonnait à Borino Colli d'Alexandrie , capitaine de justice, à Théodore Piatti, jurisconsulte, et à François Bolla, avocat, de procéder à l'instruction du

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