CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR l'ÉTAT DE l'iTALIE. 3i
mais pour réduire nos contrées en provinces conquises. Viennent ensuite les longues luttes entre François l^'^ et Charles V, et l'Italie convertie en champ de bataille, devient tributaire plutôt que belHgérante. Notre résistance fut diminuée outre mesure par la faiblesse des républiques de Florence et de Gênes, par la méfiante et égoïste politique de Venise, par la perversité de quelques princes italiens, tels que César Borgiaet Louis le Maure, et le malheur de certains autres, comme Charles. IH de Savoie et Frédéric de Naples.
La découverte du Nouveau-Monde ne produisit pour l'Italie que l'honneur d'avoir donné le jour à Christophe Colomb. La nouvelle voie pour aller aux Indes en transféra le commerce aux mains des autres nations.
Au xvie siècle le schisme arrache une grande partie de l'Europe à l'obéissance du Saint-Siège.
A cette même époque commença le système d'équilibre entre les grandes puissances, au détriment de l'équilibre des petites souverainetés italiennes.
Ce fat aussi dans ce siècle que commença cette triste vice-royauté qui tarit toute source de prospérité publique dans les contrées les plus fertiles de l'Italie, Naples et Milan. Nous n'aurons que trop lieu de parler par la suite de ce déplorable gouvernement, sans en anticiper ici la triste description.
Au xvie siècle finit le moyen âge, selon l'opinion de plusieurs historiens, que nous adoptons sans difficulté. Ainsi il s'écoula mille ans entre la chute de l'ancienne civiHsation et le plein développement de la nouvelle. Nous disons le développement , car ce fut justement
:\2 I)i; I.A LKCJISLATION ITALIENNE.
dans ce sirclo (|un so dôvoloppèronl tous les {rnrmos dont se eomfxiso la civilisation actuelle.
Enfin ce fut au wv siècle que s'obscurcit davantage toute idée du nom italien. Quand nous voyons les hommes les plus distingués par le rang et le talent, nés et élevés dans les contrées indépendantes de l'empereur et des rois de France, se déclarer vassaux de l'un ou de l'autre; quand nous apercevons les plus illustres capitaines de sang italien, les Doria, les Trivulce, les Pescara ne savoir lever un autre étendard que celui de l'aigle ou des fleurs de lis, nous désespérerions presque du nom et de l'honneur italiens.
Les armées des ducs de Savoie et les flottes de Venise furent pendant quelques années les seuls restes de la nationalité italienne, essayant de résister à la domination étrangère. Peut-être, ces deux éléments de force fiaient les deux seules ancres de salut sur lesquelles reposait le principe de l'indépendance de l'Italie, et qui en empêchèrent la subjuersion.