‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 151 sur 284 · CHAPITRE IX. — TRIBUNAUX ET PROCEDURE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — TRIBUNAUX ET PROCEDURE

procès de Cicco, avec l'assistance de plusieurs autres ennemis de ce dernier.

La commission donnée aux juges portait qu'on devait procéder contre Simonetta selon les régies de la justice, mais avec la plus grande célérité '. L'arrêt portant peine capitale, prononcé le 30 août 1480, fut exécuté le jour même. La teneur de l'arrêt fut rendue publique 2, mais il n'en fut pas dememe des actes d'instruction qui y avaient rapport. Cet arrêt mentionne quelques-uns des griefs imputés à Simonetta. On y insiste sur les actes qualifiés hostiles à Ludovic Sforce et à Robert Saint- Séverin, sur l'excès d'autorité que l'ex- ministre s'était arrogé , et sur son refus persévérant de conclure une paix particulière avec Naples et le Pape, si on n'y comprenait pas les Vénitiens, de manière que toute l'Italie fut comprise dans la paix. Toutes ces accusations montrent plutôt une divergence d'opinions politiques que des méfaits imputables à Cicco. Et plus probablement, eu égard aux personnes et aux temps, on voit qu'il n'y avait d'autre motif d'accuser Simonetta que la soif de la vengeance dont étaient animés ses ennemis.

La voix publique, unanime et assez puissante pour vaincre le silence des courtisans, proclama l'innocence de Simonetta ^ Bien mieux, le duc de Milan luimême fut obligé, quoique trop tardivement, d'en réhabiliter la mémoire. Au mois de juin 1482, le duc voulant prendre à sa solde le comte d'Amazia, gendre de l'ex-ministre, recommandait à ses envoyés, si le comte

^ « Expédient prîeraissa quanto cilius fieri pcssit.»

^ Dans Rosmini, Histoire de Milan, 1820, tom. IV, p. 100 à 215.

^ Gorio, Histoire de Milan, 1480.

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refusait d'acccplcr à causa de la mort da mesure Ciccho, de lui assurer que la cause principale de ce sinistre événement avait été le sieur Rohrrt (Saint-Sévcrin) dont la nature perverse et inalirpie, et la haine persistante avec laquelle il avait toujours poursuivi messire Ciccho, n^avalent eu de repos qu^ après avoir obtenu la mort de son ennemi, objet de tons ses désirs ; aiyisi que vous messire Hiirjes (le duc s'adressait ici à son envoyé), en êtes suffisamment instruit, et Nicolas de Bormio qui a été internonce peut rendre un fidèle témoignarje ; et que nous même, à cause de la grande autorité dont Robert était alors revêtu sur nos troupes, nous fûmes obligé de confier cette cause a la justice et de nous soumettre solennellement à r arrêt prononcé K De ces mots textuellement tirés des lettres du duc , le lecteur décidera s'il faut plaindre le sort lamentable du ministre autant qu'il faut blâmer la condescendance perverse du prince.

Nous avons exposé quatre faits historiques qui fournissent abondamment aux méditations des esprits sérieux, et pour peu que nous voulussions étendre notre récit, nous pourrions citer un grand nombre d'autres jugements qui, pour n'être pas justes, n'en devinrent pas moins mémorables.

Nous verrions par exemple à Naples, s'ouvrir un jugement solennel des Pairs , dont la juridiction était en vigueur depuis longtemps dans ce royaume, lorsque, en 1487, Ferdinand I^r, manquante sa parole, fit arrêter les barons qui avaient conspiré contre lui. La cour des Pairs prononça la peine de mort contre trois d'entre

^ Voy. Rosmini, 1. c.

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