CHAPITRE IX. — TRIBUNAUX ET PROCÉDURE
eux, comme coupables de participation à la conspiralion ; et contre le quatrième, qui était le secrétaire Pétrucci, pour n'avoir pas révélé la conjuration dont le secret lui avait été confié par le comte de Sarno.
La conjuration des barons et le supplice qui y mit fin ont été admirablement décrits par Camille Poizio, presque contemporain de ces faits. Et à propos de la condamnation de Pelrucci, le spirituel historien ne manque pas de noter que Barthok exprima ropinion que le complice peut être condamné à mort; et quoique bon nombre de juristes ne se rangent pas à son avis, qviais trouvent faux ou trop riqoureux^ les princes modernes cependant conservent inviolables ces principes. Mais les progrès de la vraie philosophie du droit, et l'adoucissement des mœurs dans la jurisprudence moderne, ont changé cette doctrine, et ce qu'on appelait le concours îtégatif ', subit aujourd'hui une pénalité différente de celle infligée au coupable du crime réel.
L'histoire de la Toscane qui tient tant de place dans celle de l'Italie, nous montrerait une série de jugements curieux, propres à révéler le caractère des temps où ils furent rendus. Ces actes judiciaires, quelquefois acerbes, dirons-nous, et parfois énervés, nous montrent les influences que subissait le peuple. Souvent nous voyons, dans un jugement, se manifester les intrigues delà vengeance privée et les ruses inspirées par la cupidité. Cela advint pour Gosme-le-Vieux des Médicis.
Cosme était extrêmement riche, soit par l'heureux
^ M. Pellegrino Rossi, dans son traité du* Droit pénal, observe judicieusement que le concours négatif contient deux mots étonnés de se trouver ensemble.
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succès de ses entreprises commerciales, soit comme on (lisait de son temps par la possession des trésors immenses que Balthasar Cossa lui avait révélés en mourant. Le développement continu fjue prenait le commerce de Cosme, en raison des grands capitaux dont il disposait, finit par porter préjudice aux grandes maisons de Florence. Ses ennemis, à la tête desquels étaient les Albizzi, les Peruzzi, les Strozzi et les Barbodori, s'étudièrent à le faire tomber en discrédit auprès du peuple. On l'accusait entre autres, d'employer plusieurs ouvriers à Lyon et à Anvers afin d'approvisionner la France, l'Espagne et l'Angleterre des marchandises que ces nations tiraient d'abord de la Toscane.
La colère du peuple ne tarda pas à se réveiller, et Cosme fut enfermé dans une prison , pendant que ses ennemis avisaient au moyen le plus expédilif de le faire mourir par le poison. La prison dans laquelle gisait Cosme avait pour directeur Frédéric Malavolta qui, informé des desseins perfides des ennemis des Médicis, consentit à faire évader Cosme, lequel lui avait promis une large récompense. Pour soulager les ennuis de son prisonnier, Malavolta lui avait permis la société de Farganaccia. Celui-ci était un homme d'une condition inférieure, mais d'une conversation agréable, fin et avenant, familier avec les grands qui se plaisaient à sa société, et surtout lié avec Bernard Guadas^ni alors gonfalonier, suprême charge de la république. Cosme sut bientôt tirer parti de la rencontre de Farganaccia , et après quelques entretiens , il lui donna un anneau brisé, en lui disant de le porter au prieur de Sainte- Marie-Nouvelle, lequel à la vue de ce signe, devait lui