‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 158 sur 284 · CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE

Les effets des décrets du concile de Trente se firent surtout sentir en Italie, où ils furent reçus sans conteste, et la nation italienne, comme le faisait remarquer l'un des orateurs étrangers dans cette assemblée, était si bien représentée au concile, qu'il était permis de croire qu'on n'y aurait fait que ce qui lui aurait plu '. 11 ne serait donc pas juste de n'en pas parler du tout, et en parler un peu ne nuira pas à notre travail.

Outre l'importance des délibérations prises au sein de ce concile, on remarquera l'ordre suivi dans cette nombreuse assemblée pour la discussion et les votes. On reconnaîtra qu'on ne négligea rien de ce qu'on pouvait établir alors, pour assurer la maturité de l'exa* men des questions et la liberté du vote.

Partant de ce que nous appellerons forme extérieure, nous voyons une distinction établie dans les propositions et les discussions, la prépondérance assurée à la majorité des suffrages, et la facilité accordée au public de connaître les décrets rendus par l'assemblée.

Les travaux du concile procédaient par congrégations et par sessions.

Les congrégations étaient des réunions où était examinée chacune des matières qu'on devait traiter, et qui avait été précédemment étudiée par les théologiens et les Pères.

Ces congrégations, surtout dans la dernière période du concile, quand on traita des réformes les plus importantes, se partageaient par nation; une française, qui s'assemblait chez le cardinal de Lorraine ; une espagnole,

* Pallavicini, Hisloirc du Concile (h Trente,

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qui se réunissait cIhî/ ic caidinal àc Grenade ; cl trois, composées exclusivement d'Italiens ^

Dans ces congrégations on faisait les propositions, on examinait les arguments, on prenait les résolutions; le débat terminé, les Pères décidaient, mais la délibération définitive n'était prise que dans les sessions.

Au sein de celles-ci, les Pères approuvaient solennellement les diflérents décrets en présence des notaires et des témoins, puis les faisaient publier.

Les congrégations qu'on distinguait en générales et en particulières, se réunissaient presque tous les jours, pendant deux ou trois heures avant dîner et après. Le plus souvent, les congrégations générales se tenaient dans l'église de Sainte-xMarie-Majeure récemment construite, sous le pontificat du cardinal Clesio, évêque de Trente. Les votes ou, pour nous servir d'un mot plus usité, les voix délibératives étaient exprimées par les Pères, selon l'ordre de leurs dignités ou de leur ancienneté. 11 était défendu de voter par procuration.

Les congrégations étaient ouvertes au public, mais dans une certaine mesure, et il n'y était admis qu'après que le légat président avait récité les prières ordinaires.

Les actes du concile étaient dressés par les officiers de l'assemblée, parmi lesquels se distinguait Ange Massarelli. Les faits de celte assemblée ont été décrits par deux historiens italiens, frère Paul Sarpi et le cardinal Sforce-Pallavicino , l'un avec l'intention de les critiquer ^, et l'autre avec la résolution de les justifier.

' Vov. Ranke, Histoire de la papauté pendant les XVI^ et XVli*^ siècles, Paris i838, tom. ll,-p. 137-38.

- Nous répéterons ici les paroles de Le Plat, professeur à l'Uni ver-

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