‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 159 sur 284 · CHAPITRE XI. — CONCILE DE TBENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — CONCILE DE TBENTE

Le concile, comme chacun sait, fut interrompu a plusieurs reprises. Convoqué par Paul III, il tint sa première session en septembre 4545; en 1547, il fut transféré de Trente à Bologne; il fut bientôt suspendu; réuni de nouveau à Trente, en mai 4551, sous Jules III , il continua jusqu'en avril 4552 , puis prorogé et suspendu ensuite, il ne se réunit qu'en janvier 4562 sous Pie IV, et dura jusqu'au 4 décembre 4563, jour où il mit fin à ses opérations.

On voit par là que le concile resta légalement convoqué pendant dix-huit ans environ, mais il ne siégea en réalité que quatre ans et demi.

La double tâche du concile était de maintenir la pureté et l'intégrité de la foi catholique, et de corriger les abus qui s'étaient glissés au sein de l'Eglise, tant dans

silé de Louvain, qui avec une rare diligence recueillit et classa en sept volumes in-4'' tous ces documents.

Le Plat écrit dans sa préface, qu'ayant entrepris de revoir la série entière de ces actes « Statim deprehendi varia occurrere de quibus » allum apud fra Paulo silenlium; alia quse rem aliter ac ipse narrât » gestam esse évinçant. Huic scriptori omnia hsec ignota fuisse nullus » sibi persuaderi patietur, qui borum copiam inspexerit, aut qui I) animo defaecalo attenderit quammulta, quam prœstantia eo in nu- >» mero sint, ut scriptorem diligentem, modo bonafide ageret, nulla- » tenus effugere potuerint. »

Lovanii ex typographia Academise 1781. Outre ce copieux recueil, il faut voir aussi le Memoirs of the Council of Trident, de Mendham, etTHisloire du sacré Concile de Trente, écrite par M. Milledonne, secrétaire vénitien, manuscrit dont Toriginal est, avec les codes bistoriques de la collection Foscarini , conservé dans la bibliothèque impériale de Vienne.

Voy. le parallèle entre Sarpi et Pallavicino par Ranke, Histoire de la papauté pendant les xvi^ et xviie siècles, ainsi que le même parallèle dans Cantu, Eclaircissements et notes à l'histoire universelle, vol. VI, num. 26. Turin, 1844.

les rèj^lcmonls publics, (juo dans les mœurs des particuliers. P\)i, doctrine et sollicitude pour les sage? institutions, voilà les bases sur lesquelles devait reposer l'œuvre du concile. Tout ceux qui apprécient impartialement les cboses, reconnaissent la sagesse des règlements qui furent laits par cette assemblée.

Considéré dans ses grandes proportions historiques et religieuses, le concile se divise en deux parties *

La première durant la guerre de Smalkalde, en suite de laquelle, on déclara les dogmes en face de l'hérésie des protestants, et l'on établit la doctrine sur la justification.

Les règlements que fit le concile dans cette première partie, lurent imprimés dans l'intervalle qui s'écoula jusqu'à ce que le concile fut réuni de nou\eau sous Jules 111 •.

La seconde qui se termina entre 1562 et 1563, dans laquelle on définit les principes de la hiérarchie, la législation sur les mariages, et l'on pourvut aux réformes d'un usage plus fréquent.

Les décrets concernant les institutions de bienfaisance et l'mstruction publique, sont dignes assurément d'être mentionnés dans une histoire de la législation. Le double but d'exercer l'intelliaence, l'affectueuse assistance aux malheureux appartenait vraiment à l'Eglise de Dieu.

* Voy. « Synodi sacrosentse secumenicse Tridentinge Decretum de « justificatione in sessione VI faclum, qiiae celebrata fuit die 13 ja- )) nuarii, anno 1547. Decrelum aliiid eiusdem Synodi de Sacramentis )> Ecclesiae. de lesidentia ac reformandis in Ecclesia raoribus, » faetuni VII sessione, die vero 3 martii 154-7. » Colonise, in officina Melchior Novesiani, 3 aiisfiisll 15i7.

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Mais il convient que nous parlions assez longuement ici d'un règlement fait dans ce concile, et qui marque un véritable progrès, même dans les actes les plus importants de la vie civile.

La solennité qui doit entourer le mariage pour établir la liberté du consentement des contractants, pour rendre certaine et durable la connaissance de l'union, et assurer les droits qui en découlent pour les enfants, était tombée en désuétude ; souvent la cérémonie s'accomplissait en secret et il en résultait de tristes conséquences. Laissons parler avec sa lucidité habituelle l'historien Pallavicino , qui décrivit minutieusement la proposition faite au concile, et la conclusion qui y fut prise.

« Parmi les articles qui donnèrent lieu à une vive » discussion dans la xxiv^ session, écrit l'élégant his- )) torien \ le premier fut celui tendant à annuler les » mariages clandestins. On reconnaissait les graves pré- » judices qui en résultaient; le mari se repentait sou- » vent d'un mariage, secrètement contracté en cédant )) à la violence d'une passion inconsidérée, ou bien il dé- » sirait contracter de nouveaux liens; et encouragé par » l'impossibilité de prouver contre lui l'existence d'une )) première union , il en contractait une seconde qui, » ayant ordinairement lieu avec une personne apparte- » nant à une famille plus recommandable, se célébrait » publiquement ; par suite , il vivait en concubinage » continuel, réduit à cette nécessite tant par égard pour » ses nouveaux parents, que par la présomption du for

^ Histoire du Concile de Trente, liv. XXIÏ, cliap. i.

î> extérieur, d'après lc(|uel, le premier mariage n'étant )) pas connu, le second était réputé légitime. Partant » les ambassadeurs français dans la patrie desquels ce » désordre était plus fréquent et plus nuisible, le 24 » juillet 1563 présentèrent au concile une requête so- » lennclle de la part du roi, tendant à faire annuler » les mariages secrets à l'avenir, et à faire prescrire la » publicité de la cérémonie nuptiale. »

On disputa avec chaleur sur cette matière; d'un côte on invoquait le grand respect dû à liberté du mariage, de l'autre on faisait valoir la raison de l'ordre public, l'intérêt des familles et les dangers que courait la morale.

Les uns opinaient pour que tous les mariages secrets fussent déclarés nuls aux yeux de l'Eglise; les autres voulaient qu'on les regardât comme indissolubles; une troisième opinion voulait qu'on les défendît à l'avenir sans faire mention de leur validité ou de leur nullité.

Ceux qui opinaient pour la nullité radicale l'emportèrent, et dans les congrégations qui furent tenues sur ces matières, cent trente-six Pères volèrent pour la nullité, cinquante-sept votèrent pour le maintien. La discussion ayant été portée à la session xxiv^, qui eut lieu le il novembre de l'année précitée, sur deux cents Pères, cent-cinquante furent pour l'annulation, cinquante contre ^ .

Le décret rendu à ce sujet est conçu ainsi : (( Le » concile suivant les traces de celui de Latran, réuni » sous Innocent IIF, ordonne qu'à l'avenir, avant de » célébrer un mariage, le curé de la paroisse respec-

1 Le Plat, clans la collection déjà citée, tom. VII, p. 156.

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