CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE
» tive des futurs époux fera trois publications con- » sécutives , à trois jours de fête , pendant la messe , » sauf le cas de dispense; après quoi on procédera à la » cérémonie sacrée. » Il est dit ensuite : « Ceux qui » contracteront mariage autrement qu'en présence du )) curé ou d'un prêtre chargé par lui ou par l'évoque, » et en la présence de deux ou trois témoins, le saint » Synode les déclare absolument inhabiles à conlrac- » ter ces sortes de mariages, et annule de semblables )) contrats. »
Tel fut le règlement fait par le concile au grand avantage de la société civile et des familles K
Mais si en raison de l'examen approfondi des matières et de la liberté accordée pour l'expression des votes, les travaux du concile marchaient avec lenteur et n'étaient pas toujours exempts de difficultés graves, celles-ci devinrent immenses quand on voulut mettre la main à ce qu'on appelait la réforme des princes, qui au fond, était la revendication des prérogatives utiles de l'autorité ecclésiastique, perdues ou contestées.
A l'annonce de ces propositions, commencèrent les protestations, et les diverses cours ne cachèrent pas leurs inquiétudes.
Les ambassadeurs français furent les premiers et les plus explicites à s'opposer à tout ce qui pouvait porter
^ La Seigneurie de Venise elle-même fit des réclamations sur les matières concernant le mariage. Dans le but d'éviter des difficultés dans ses possessions de la Grèce, Venise par une pétition du 11 août 1563, demandait qu'on modifiât la proposition d'un canon relatif au divorce pour cause d'adultère, et c'est à la suite de ces réclamations qu'on rédigea le Vile canon De sacrainento Matrimonii . tel qu'il existe aujourd'hui.
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all(;inte aux droils dunl ctait investir; la couronne de France.
Pendant que le cardinal de Lorraine s'efforçait de tranquilliser l'esprit de ses souverains sur les préjudices redoutés, Ferrier et Pibrac protestèrent ouvertement *, et en termes qui en pouvaient manquer de pro-
* Le locteiir désirera, peut-être, connaître la nature de ces réclamations du cnrdinal et des ministres français. En voici un essai :
Le cardinal de Lorraine écrivait au roi, le 17 septembre 1563 : « Sire, par la même lettre de V, M. il vous plaisait de m'averlir que » vous auriez entendu que nous^utres prélats qui sommes en ce saint » Concile voulions entreprendre de réformer les rois et en faire dé- » clarer quelques uns inhabiles de leurs royaumes; ce que votre Ma- » jesté ne pouvait trouver bon. Sur quoi je vous puis assurer, Sire, » qu'il ne fut oncques parlé en cette assemblée de telles et si impor- » tantes affaires cemine Ton le vous a fait entendre, et n'était besoin » que V. M. prît la peine de nous en écrire ni de nous en comman- « der de plus tôt nous retirer, sans en savoir la vérité. Et n'est point » ô croire qu'en une si sainte compagnie, comme est celle-ci, en la- « quelle il ne se propose rien que nous ne jugions être entièrement » pour le bien et repos de la chrétienté, il se prît de telles et si fâ- » cheuses résolutions. »
La protestation des ambassadeurs français, présentée le 22 du même mois, contenait la conclusion suivante :
« Vultis antiquam Eclesiae dignitatem restituere , adversarios ves- )) tros conciliare et ad resipiscentiam cogère? Vultis principes refor- « mare? Observate Ezechiam regem illum optimum, qui ut corrup- )) tos Ecclesiae suœ mores emendaret , non solum non fecit quod » Achaz pater impius, sed ne id etiam quod pii reges Joathan avus, Aza- » rias proavus , Amazias abavus , et Joas atavus fecerunt : ii enim » excelsa non everterant, vcrum ad majores ascendit et exemplum i) Josaphat qui altaria suslulerat sibi proposuit. Sic hodie proponendi I) sunt non patres, non avi, non proavi; nam et si doctissimi et sanc- » lissimi fuerint, tempora tamen nostra turbulentissima non viderunt. » Ergo ascendendum est altius ad majores, usque ad Ambrosium, » Augustinum, Chrysostomum, et illius temporis episcopos catholi- » cos, quibus idem fuit olim negotium cum Donatistis, quos tamen » etsi plures Catholicis-essent, vicerunt non quiJem armis aut prin- » cipes ad bella armando, et interea reduvias curando , sed orationi-