‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 163 sur 284 · CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE

Il y a eu des critiques sur le mode employé par le concile pour proposer les questions, et on lui a reproché de n'avoir pas donné à tous les Pères l'initiative (comme on dit aujourd'hui) et de l'avoir réservée aux légats présidents.

Mais on a répondu, et victorieusement paraît-il, que dans une assemblée aussi nombreuse, composée de personnes de nations différentes, réunies pour délibérer sur des matières aussi vastes, la faculté accordée à tous les Pères de faire des propositions eût donné lieu à des controverses interminables, sans aucun avantage pour l'Eglise.

Il ne faut pas non plus perdre de vue la diligence méritoire avec laquelle le pape agissait auprès des princes séculiers pour tout ce qui concernait les affaires les plus délicates, relativement aux mœurs et aux pratiques extérieures. En procédant ainsi, on évitait les conflits, et l'on donnait plus de facilité à l'exécution des décrets; on pourrait en trouver la preuve dans l'envoi que fit Pie IV d'un nonce en Espagne et en Portugal, pour se concerter avec les rois de ces pays, sur la prochaine convocation du concile qui était suspendu depuis dix ans, comme nous avons déjà dit ^

Nous avons cité les noms des prélats illustres qui prirent une large part dans les travaux du concile

i> forme des abus et l'épuration des mœurs, plus que n'avaient failles » autres Conciles. On peut avouer hardiment que si le Concile de » Trente n'amena pas les prolestants à devenir catholiques, il empêi* cha beaucoup de ces derniers de devenir protestants. »

Botta, Histoire d' Italie continuée par celle de Guiccinrdini, liv. XI, in fine.

^ Voy. l'appendice.

UIIÉi

348 l)K LA LKGISLATION ITALIENNE.

dans sa dorniôro période, féconde en délibérations qui induércnt sui" la léj^islalion générale. Le lertf^uine nous saura jjas mauvais gré de lui donner quelriues détails touchant les (jualités (jui distinguaient le plus ces grands personnages. Jean , cardinal Morone , illustre par sa vertu et son savoir, s'était concilié l'estime et l'aiïeclion de ceux qu'il combattit vigoureusement en soutenant les vérités de la loi catholique. De retour des légations qu'il avait remplies en Allemagne, il fut plus blâmé que loué, et eut beaucoup à souffrir sous le pontificat de Paul IV. «Il fut, nous répétons les paroles du sage et impartial Muratoi i, il fut relégué dans le château Saint-Ange où il souffrit pendant deux ans jusqu'à la mort du pape, uniquement pour des soupçons qu'on fit planer sur sa doctrine, dont il donna ensuite des preuves si éclatantes au concile de Trente. » Et c'est justement parce qu'il eut à souffrir et qu'il ne manqua pas de modération qu'il a droit à tous nos éloges. Il se montra aussi zélé que digne dans ses fonctions de président, et fut réputé le plus distingué parmi ceux qui furent appelés à l'honneur de diriger les travaux de cette assemblée. A'igoureux dans le conseil et doué d'un grand cœur, le pape l'appela au consistoire qu'il tint aussitôt après la clôture du concile.

Ces deux qualités se montrèrent dans tout leur éclat, dans les diverses conjonctures très difficiles où il se trouva pendant qu'il présidait cette assemblée ; il en fut de même de l'impartialité de son vote, dans certaines circonstances graves, comme lorsque, malgré une grande majorité des Pères , il déclara que, dans le

Page 1