CHAPITRE XI. — ■ CONCILE DE TRENTE
canon qui statuait que les causes sur les mariages appartenaient au juge ecclésiastique, il désapprouvait Fanathème ^
Charles, cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, conseiller du roi , négociateur des traités , auteur éloquent dans les controverses théologiques, représenta au concile les opinions françaises avec l'élégance propre à sa nation , avec l'autorité d'un nom illustre et d'un esprit cultivé. On ne saurait dire combien il contribua à vaincre les difficultés et à amener les esprits à la conciliation.
Enfin on ne doit pas oublier un prélat qui ne siégea pas parmi les Pères , mais qui fut l'âme de la correspondance entre le concile et le pape. C'était Charles, cardinal de Borromée, qui âgé de vingt ans environ, était auprès de son oncle Jean-Ange de Médicis , pontife sous le nom de Pie IV, et y remplissait avec une rare habileté et beaucoup de sagesse , la haute charge de principal ministre.
Au coup d'œil prompt et juste que quelqu'un appelait, par une heureuse comparaison, le faucon de la jeunesse, Charles joignait le désir de mûrir profondément les résolutions. Pie IV ayant chargé son neveu de sur-
^ Paîlavicino, histoire du Concile, liv. XXIII, chap. ix. Il serait trèsutile qu'on fît imprimer le manuscrit de ce remarquable président du Concile, lequel porte le titre de Relation sommaire du cardinal Moronc sur la législation, que Ranke, dans son Histoire de la Papauté pendant les xvie et xviie siècles, cite comme se trouvant dans la bibliothèque Alfieri à Rome.
« Si l'Eglise catholique, écrit le même Ranke en parlant du cardi- » nal Morone dans l'histoire citée, tom. II, p. 135, fut redevable à » quelqu'un de Vheureuse issue du Concile, certes ce fut véritahle- » ment à lui. »
.'iîjO DE LA LKfiISLATION U'ALIENNE.
veiller la marciifi du concilo, colni-ci se trouvait en relations continuelles avec les légats pontificaux siégeant à Trente; c'était à lui qu'on rendait compte de tout ce qui se passait, des doutes qui s'élevaient, des difficultés (jui surgissaient , des divergences d'o[)inions et des fondements des décisions proposées. Charles soumettait le tout à une congrégation de dix-huit théologiens et lettrés et au pape en personne, et il communiquait ensuite aux légats la décision du Saint- Siège '. Il jetait ainsi les Fondements de cette activité sainle et éclairée qui lui valut les bénédictions des contemporains et de la postérité, et l'honneur des autels.
Le concile étant clos et les décrets confirmés par bulle consistoriale du 26 janvier 4564 -, on en vint à l'exécution des décrets du concile lui-même ^.
' Achille Mauri, vie de saint Charles Borromée, Milan, 18i1.
^ Les papes donnèrent plusieurs autres huiles pour l'exécution partielle des diverses dispositions du concile.
^ Pour se faire une idée des travaux du concile, on peut recourir aux journaux tenus par les membres qui y prirent part. Le Plat les a rappelés dans la dernière partie de sa collection, tom. VIL
La lecture de ces relations, où l'on voit la description de caractères et de faits curieux, satisferait encore aujourd'hui beaucoup de personnes si on les divulguait davantage. Nous en donnons ici la série '.
La description des faits par MassarftUi et par l'anglais John Cartembrosk, qui fut son collègue comme secrétaire ;
Les journaux de Nicolas Psalmeo, autre secrétaire du concile, de Torello Foia del Poggio, chanoine de la cathédrale de Fiesole, de Jean*Baptiste Ficlero, secrétaire de l'archevêque de Salisbury;
Les mémoires de Barthélémy de Martyribus , archevêque de BrajTue.
Il y a aussi une de'scription du concile pour les actes faits sous Paul III, écrite par Laurent Pratone Nervio.