CHAPITRE Xï. — CONCILE DE TRENTE
Ces décrets furent reçus dans toute l'Italie, sauf aux extrémités du Piémont , dans ces parties limitrophes de la Savoie et de la France, comme dans la vallée d'Aoste, et les terres de Pignerole, où étaient en vigueur les usages de l'Eglise gallicane, et où l'on ne reçut des résolutions du concile que la partie concernant les dogmes et la réforme des mœurs ; mais en ce qui concernait la discipline on rejeta tout ce qui pouvait porter préjudice aux droits du prince ou à la liberté de ladite Eglise.
L'acceptation que les souverains des diverses contrées de rilalie firent des décrets du concile, fut solennelle ; nous citerons les ordres généraux du 27 juillet 4564, envoyés par le roi d'Espagne au duc d'Alcala, vice-roi de Naples, l'édit du duc de Toscane du 28 novembre de la même année , et qui , outre Vexequatur du duc, contenait aussi la provision confirmative du Sénat des quarante-huit, et la relation de la célébration qui avait eu lieu à Venise, aussitôt après la publication de la bulle de confirmation. A Venise, dans la basilique de Saint-Marc , en présence du doge et du Sénat , durant la messe , après l'évangile , le secrétaire Antoine Milledonne lut du haut de la chaire, un décret du Sénat qui ordonnait de promulguer et d'accepter le saint concile de Trente, dans toutes les terres et provinces du domaine vénitien. /
Si l'acceptation eut lieu sans opposition , l'exécution de ces décrets, surtout en ce qui statuait sur la juridiction mixte et sur la discipline, ne s'accomplit pas partout et toujours sans quelques difficultés.
Il arriva que la prépondérance des usages antérieurs
352 DK LA LKGISLATION ITALIENNK.
cl la crainte dos préjudices ultcrieurs, luircnl f)Lslaclc au cours des nouvelles dispositions *.
Puiscpie nous avons parlé de la proposition des chefs de la réforme des princes, faite au concile de Trente , mais bientôt relirée, grâce à la prudence des légats et à la sage modération du pape, il nous faut encore ajouter quelques mois sur un sujet qui s'y rattache.
Bien que ce qui a trait aux sanctions spirituelles par sa nature propre seulement, n'entre pas dans la sphère de nos considérations, nous ne saurions cependant omettre de parler d'une bulle pontificale dont il est si souvent question dans les relations des institutions ecclésiastiques. Il s'agit de la bulle in cœna Domini, ainsi appelée parce qu'à Rome, on en renouvelait la publication tous les ans, au jeudi saint. Elle contient un ensemble de censures applicables à des cas différents et à tout ordre de personnes. On ne connaît pas précisément l'origine de cette bulle ; ce qu'il y a de certain , c'est qu'elle remonte aux temps les plus reculés , et qu'elle lut interposée dans celles qu'on lit dans le recueil attribué à Grégoire YII , connu sous le nom de Dictatus Papœ ".
Sous les divers pontificats qui se succédèrent, le texte de cette bulle a été plus ou moins modifié '\
^ A Naples, par exemple, les décrets du concile de Trente furent reçus sous la réserve qu'ils ne porteraient pas préjudice aux droits du roi, et aux usages du pays, et par suite, diverses propositions furent rejetées. Les ciiefs non reçus dans le royaume furent d'abord exposés dans deux relations du régent Villani; d'autres les suivirent bientôt.
- Baronius, Annal. Eccles., toni. X, ad ann. 1076.
^ Le Biillaire Bomain, réimprimé à Luxembourg, cite six exemplaires, différents entre eux pour quelques articles, qui sont la "lô'^