‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 168 sur 284 · CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE

gens, deviennent assez souvent un foyer de discorde.

Il n'est pas rare de rencontrer, dans les histoires politiques, la mention de l'influence que les neveux des papes acquéraient pendant le régne de leurs oncles , et des nombreuses richesses qu'ils accumulaient en cette qualité. Des plaintes aussi améres que justes se firent souvent entendre contre ces abus et ces fortunes rapides. Il est bon de parler ici des dispositions prises par quelques pontifes pour remédier à ces sortes d'inconvénients, et pour soumettre à la loi commune ceux qui cherchaient à s'y soustraire à la faveur de la cour. On fit plusieurs constitutions qui révoquaient ces privilèges, et elles sont rappelées dans celle que publia Innocent XII le 5 novembre 1691. Le cinquième paragraphe de cette constitution révoquait et abolissait tous les privilèges et exemptions des charges publiques, dont jouissaient précédemment les neveux des papes ou leurs autres parents. Mais plus solennelle et plus importante fut la bulle de ce même pontife, publiée le 28 juin 1692, et par laquelle on défendait à l'avenir tout excès en faveur des neveux des pontifes. Tous les cardinaux présents et futurs étaient obligés d'exécuter cette bulle et de la ratifier par serment, dans le conclave; et chaque pontife élu devait la jurer de nouveau. (( Avec le consentement ou par ordre du même pontife, écrit le sincère et sage Muratori, Gélestin Sfondrati, abbé de Saint-Gall, qui fut élevé ensuite à la pourpre romaine , se chargea d'exposer les mauvais effets du népotisme. »

Il faut distinguer deux espèces de népotisme , celui qui s'en tenait aux profits pécuniaires, aux avantages

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(le la faveur personnelle et dont nous f»arlons partirulièrcmenl iei, et eelui f|iii, dans un foui't espace de temps, aspira aux dominations polilifjues. C'est à propos de ce népotisme aux liautes aspirations, que César Balbo faisait remarquer, que l'idée et le projet s'en étaient manifestés dès le xiii^ et le xiv^ siècle , mais sans succès jusqu'au xvp siècle, époque de la formation des duchés d'Urbin, de Toscane, de Parme et Plaisance, où les papes perdirent tout ascendant en fait de nationalité en Italie *.

Le nom d'Innocent XII doit être particulièrement recommandé même dans l'histoire de la législation italienne, parce que ce pontife abolit par une constitution du 17 septembre 1698, tous les tribunaux et juges d'exception qui existaient à la cour romaine, en vertu d'anciens privilèges ; projet merveilleux à cette époque, et acheminement à la simplification qui favorise d'autant plus les intérêts de la justice et des plaideurs, qu'elle est plus complète et plus absolue-.

^ Annales d'Italie, ad ann. 1692.

La nécessité d'aliolir le népotisme était sentie par tous les hommes de biea. Nous citerons la Relation de la mort du cardinal Palhivicinu écrite par le P. jésuite Sylvestre Rlauro , et insérée dans VArchivio sturico italiano, num. 3*2 de l'appendice (1848). Parmi les souvenirs laissés à son heure suprême par cet illustre prélat, on lit les paroles suivantes : « Qu'il jugeait nécessaire qu'il fût fait quelques réformes

» concernant les familles des papes futurs qu'à son avis, on ne

» devait plus à l'avenir conférer aux parents des papes les titres de

» prince, de duc, etc que tout l'argent qu'on retirait de l'Etat de

tf la daterie, de la vente des charges publiques, et d'autres droits du » Siège apostolique, devait être employé uniquement au profit des » âmes et au dégrèvement des peuples. » Balbo, Pensieri sulla stovia d'Ifalia, liv. I, chap. xu.

^ Nous nous faisons un plaisir de répéter quelques fragments de

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