‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 169 sur 284 · CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE

En 1725, le pape Benoît Xlïl convoqua un concile provincial à Rome, à Saint-Jean-de-Latran. Outre les matières purement religieuses ou exclusivement ecclésiastiques, on y traita quelques questions dont il convient de faire mention dans ce livre. Premièrement, nous rappellerons l'obligation imposée de célébrer des conciles provinciaux tous les trois ans , et des synodes diocésains, tous les ans; ensuite, l'obligation de rendre publique la taxe des frais des procès , pour écarter comme il convient des tribunaux des évêques tout soupçon de cupidité blâmable^ ; rétablissement à Rome d'un procureur fiscal général pour faciliter l'action publique, à l'appui des curies épiscopales et des juges réguliers ; diverses dispositions réglant la vente des biens ecclésiastiques, certaines formes de testament et les immunités.

Mais le pontificat de Prosper Lambertini , Bolonais ,

cette constitution , dans laquelle la multiplicité des juridictions est sagement classée parmi les choses absurdes, au num. 1 : « llinc est, '• quod nos sedula meditatione pensantes privilégia privatarum seu » cumulativarum iurisdictionum , etiam cum facultate proprios seu « benevisos notarios habendi, seu deputandi , quampluribus prefatae » Curise particulariter institutis iudicibus, seu Tribunalibus, à Ko- » manis Pontificibus prœdecessoribus nostris aliquorum s.Tculorum » spatio concessa, ita paulatim quidem, sed in immensum excrevisse, » ut iudicum et Tiibunalium ordinariorum iurisdictio magnopere de- )) crevit; et super huiusmodi iurisdiclionem confliclu et iudicum » competentia fréquentes contestationes, expedilam causarum termi- » nationem cum litigantium damno et causidicorum incommodo dif- » ferentes, irrepserint , ac propterea inter alia quse circa eadem cu- '.' riam emendanda , reformanda et rectius ordinanda suscepimus , » quantum nobis ex alto conceditur, huiusmodi absurdis occurrere >^ volentes, etc.«

' Tit. X des actes de ce concile : « Ad execrabilis ut decet a foro » episcopali omnem dimovendam cupiditatis suspicionem. »

302 DK I,\ LKGISLATION ITALIENNE.

(|ui [)rit le nom do Honoît XIV, ol (jui occupa la Chaire (le Sainl-Piorrc de 1740 à 1758, doit appeler toute notre attention. Vaï eflel , ce pontife, versé aulant (pje qui cpie ce lût dans les maliéres du droil canonique et dans la science des relations entre la religion et la société civile , répandit les plus saines doctrines, fil revivre et aimer l'autorité qu'il savait employer pour le l)ien général. Savant et pieux, cxpéditif et prudent, il sut se faire admirer par les étrangers les moins portés à louer les papes '. Benoît XIV sut concilier ce que réclamait la raison de son époque, avec ce qui devait être inviolablement observé comme dogm.e de foi ou comme règle de morale.

On raconte qu'il avait l'intention de faire réviser le dernier livre des Décrélales ^ , c'est-à-dire celui qui concerne spécialement les lois pénales ; et s'il avait entrepris cette réforme , il l'aurait accomplie assurément avec intelligence et modération.

Juste appréciateur de l'immense importance des chaires d'où se répand l'enseignement des sciences parmi les peuples, Benoît XIV eut l'heureuse idée de dédier la collection des provisions émanées de lui, ou son Bullaire, aux professeurs et aux élèves de l'école de Bologne 3. F]t par une attention très-louable pour ce qu'on appelle aujourd'hui esprit d'association,

* Voy. l'inscription qne le fils du fameux ministre anglais Walpole composa en l'honneur de Benoît XIV, traduite à la suite des Annales de l'Italie, de Muralori, ann. 1758.

^ Voy. la Vie de ce pontife mise en tête de l'édition des œuvres de Benoît XIV, écrite par Remondini de Bassano en 1767.

^ Sarti, De claris. archigymnasii Bononiensis pvofessorihus, tom. I, part. l,p. 259.

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