CHAPITRE XI. — CONCILE DE TRENTE
ce pape ne dédaigna pas, pendant qu'il portait la tiare, d'accepter l'honneur tout municipal de chef ou maS" sier de Tune des sociétés d'armes ou des arts, dans lesquelles, de temps immémorial , se groupaient les Bolonais, sous le nom de Lombards ^
C'est à Benoît XIV que l'Eglise catholique doit l'ouvrage qui renferme les meilleurs préceptes, pour servir de guide aux évêques dans le gouvernement de leurs diocèses , et pour la solution des points de droit con« troversés, que ces prélats peuvent rencontrer dans le cours de leur ministère ; c'est le livre du synode diocésain qu'il écrivit après avoir été élevé au trône pontifical.
Mais la parole remplie d'autorité de ce pontife, se fit surtout entendre sur deux points qui ont une relation particulière avec la législation ; d'un côté elle dissipa les erreurs, de l'autre elle procura la tranquillité des consciences. Il s'agit des déclarations sur les duels et sur le prêt à intérêt, deux sujets qui , selon la variété des temps, furent diversement envisagés par les lois, ainsi que nous l'avons déjà remarqué ailleurs^.
En ce qui concerne les duels, une bulle de 4752 condamna cinq propositions qu'une fausse morale avait fait admettre, et par lesquelles on soutenait que le duel était licite dans certaines circonstances, dans d'autres excusable. Cette bulle confirma les sanctions pénales éditées par les lois précédentes contre le duel.
Quant au prêt à intérêt, il faut se souvenir que vers
1 Sarti, L. C. p. 459.
2 Voy, les cliap. 4 et 6 de ce vol.
la moiliô du sioch; précédent la (jii<'.-ti(jri de savoir si, selon les saintes maximes de l'Evangile, il était permis de prêter à intérêt, s'était rallumée. Des écrivains d'un grand savoir étaient entrés dans l'arène, pour démontrer le peu de valeur du blâme général que d'auires infligeaient sur tout produit venant de l'argent prêté.
En 1743 on imprima à Delft, en Hollande, un livre
de Nicolas Broedersen, sur ces matières, sous le tilre :
fil De iisiiris licitis atrjue illicitis ^ et en 174-4 l'illustre
marquis Scipion Maiïei publiait à Vérone un ouvrage Sur P emploi de F argent^. Ces deux écrits, qui firent grand bruit à leur apparition, tendaient à démontrer que l'intérêt de l'argent prêté n'était pas toujours illicite.
Dans ces deux ouvrages on démontrait que, le bénéfice, l'intérêt, le fruit, l'accroissement ou l'usure proprement dite, modérée, discrète, consentie, exigée non des pauvres mais des riches , n'est ni défendue ni injuste. Broedersen soutenait cette doctrine à l'appui du cens ou 7'cnte rachetahle au gré des deux parties ; contrat que certains Hollandais réprouvaient. Maffei , avec sa théorie générale, défendait la municipahté véronaise qui, à cette époque, pour pourvoir à ses besoins, avait contracté un emprunt de 100,000 ducats à 4 0 Q'-
Dans une matière d'un usage journalier, et qui varie à l'infini selon les personnes et les circonstances, il est naturel de voir surgir des opinions contradictoires, sou-
* Suir impiego del danaro.
^ Voy. VUsura, trois livres ; discussions de l'abbé M. Mastrofini, passim; et le livre du cardinal de la Luzerne, Sur le prêt de commerce, imprimé à Dijon en 1823.