‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 184 sur 284 · CHAPITRE XII. — TRIBUNAUX ET JURISPRUDENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — TRIBUNAUX ET JURISPRUDENCE

long dans un autre chapitre, fut considérée comme un acte de tyrannie par les juges, qui ne cédèrent qu'à des ordres formels, et n'obéirent qu'en frémissante

Mais nous ne saurions omettre de dire ici que, même sous le régne de ce roi, on considérait comme une pernicieuse anomalie, le peu d'indépendance dont jouissait depuis longtemps le pouvoir judiciaire, vis-à-vis du pouvoir administratif et de l'influence ministérielle^.

Jusqu'à la seconde moitié du xviiie siècle, l'autorité doctrinale des tribunaux alla en augmentant, et l'on continua à faire des collections de jugements, de règles et de formulaires. Parmi les plus célèbres de ce genre, on compte à Naples la Jurisprudence du palais de l'avocat Joseph Sorge^, la Pratique criminelle de Thomas Briganti', le Formulaire des notaires d'Antoine Spezzacatena, et le recueil de la jurisprudence notariale de Joseph Pasqualij dit communément le Code de Pascal.

Nous ne quitterons pas celte partie de notre histoire sans dire avec quel peu de succès quelques juristes entrèrent en lutte avec l'immortel Muratori, vers la première moitié du siècle dernier. Cet historien , ou , pour mieux le qualifier, ce digne organe de l'éternel bon sens, guidé, soutenu d'ailleui's par sa profonde érudition , en parlant des vices de la jurisprudence à son époque, en attribuait la faute aux lois plutôt qu'à

* M. Jean Marina, De la jurisprudence et du barreau de Naples, liv. V, chap. m.

^Manna L. C.

^ Jurisprudeniia forensis universi iuris materias compledens, etc. Naples, 1740, 44, XI volumes in-folio. Emidcaliones casuum forensium, sive addimenta ad opus jarisprudentiœ forensis. Naples, 1756-58, XI volumes.

39ii KK l,.\ l.r.(,ISI,ATI().N ITALIENNK.

If'urs intci'prèUîs. Deux c/'lrbros profossours do fhfjil napolilniri , Fraiirois Jiapolla cl .losc|)li - Pascal fliiiHd, l'attaqueront, soutenant que lo vice ôlait dans !<; barreau et non dans les codes. L'opinion de Mnratori lut accueillie par tous ceux qui possédaient la connaissance exacte des faits et les prévisions de l'avenir, et précéda l'époque des réformes heureuses. l

Les avocats de Naples attirent l'attention de ceux qui étudient l'histoire politique et législative, car dans tous les événements importants, qui eurent lieu dans le cours des xvie et xvii^ siècles, nous les voyons briller en quelque sorte à la tête des idées et des faits.

Nous répéterons avec le savant historien du barreau napolitain ^ que la fin du xvi^ siècle et le cemmencement du xyii^ marquèrent le temps du plus grand développement des procès et des hommes de palais -.

Ce mouvement extraordinaire indiqué par les historiens, est suffisamment démontré par les changements de règlements "et de juridictions survenus à Naples, spécialement dans les premières années du xyip siècle. C'est encore attesté par l'augmentation du nombre des juges, l'agrandissement et la translation des tribunaux, les soins pris par le gouvernement pour mitiger un

^ M. le chevalier Jean Manna.

^ La quantité et l'importance des avocats et gens du palais à Naples duraient encore au siècle dernier. Vers Tan 1786, époque à laquelle écrivait Galanli , on croyait qu'il y avait dans le royaume au moins 26,000 personnes entre juges, avocats, notaires et officiers subalternes de justice.

Les professeurs de droit de Naples, jusqu'au commencement du siècle dernier, portaient le rabat et le chapeau espagnol, et de la qualité de ce chapeau on les appelait ParjUetti.

Voy. Galanti, Brève descrizione délia città di Napoli, etc.

Page 1