CHAPITRE II. — DROIT PUBLIC ET DROIT CIVIL
autorilé, et de réprimer les rebelles K Brescia sentit le poids de la vengeance impériale, lorsque ses citoyens, guidés par le podestat Théobald Brusati, refusèrent d'accueillir les émigrés du parti impérial, ainsi que l'avait ordonné Henri. La ville fut assiégée et la défense étant devenue impossible , faute de vivres , les Brescians demandèrent à capituler avec conditions. L'empereur n'accepta pas et ils se rendirent à discrétion. Mais Henri avait juré qu'il n'entrerait dans la ville que par la brèche ; il fit abattre les murs, combler les fossés, et fit son enlrée à la tête de ses troupes, enseignes déployées.
Henri, cédant aux instances du pape, consentit à ce que la ville fût épargnée, mais il exigea que les fortifications fussent rasées aux frais des citoyens; et il n'infligea à la commune d'autre punition que la confiscation à son profit, des droits régaliens, des juridictions et revenus ordinaires appartenant à la commune, et une amende de soixante-dix florins d'or, avec la suspension des charges des juges, notaires et avocats qui avaient trempé dans la rébellion -.
Ce qui précède avait lieu en septembre 1311 , et si l'on voulait suivre l'empereur voyageant à travers les
* Acta Henrici VII, imperaloris Romanorurn et monumenta quaedain alla medii œvi nunc prirnum luci dédit D. Guil. Doenniges, pars II, Berolini 1839.
^ Doenniges L. G. ad. 33. Dans une autre minute de cette sentence on lit que Henri se montrait clément, à la sollicitation de certains cardinaux qui y sont mentionnés, et dont les conseils étaient bons à suivre, car c'étaient des hommes très expérimentés dans les affaires, craignant Dieu, charitables pour le prochain et très versés dans les lettres.
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(livorscs contrées dm l'ilalic, à chaque [)ns on rencontrerait fies traces variées de faits accomplis, en matière de léf^islation, très-minutieusement décrits dans les protocoles inédits des chanceliers de Henri, existant encore dans les archives du royaume à Turin '.
A la date de 1312, nous voyons ce prince faire des dispositions concernant la monnaie , et accorder des privilèges pour quatre ans aux directeurs de la monnaie. Celte ordonnance porte la date de Gênes, 13 janvier, donnée en le palais de Barnabo-Doria , hors la ville, rue Saint-Thomas.
Au nombre des actes les plus importants de Henri , dans son voyage en Italie, il faut remarquer les arrêts qu'il prononça contre les villes de Florence, de Lucques, de Parme, de Sienne, de Reggio; contre les habitants de Crémone et Guy de la Torre ; et son fameux arrêt contre Robert , roi de Naples, dont PxOus allons parler -.
Un empereur aussi empressé de recouvrer les droits utiles de l'empire, aplanissait la voie aux jugements par de nouvelles lois tendant à soutenir ses prérogatives. Par une constitution promulguée à Pise en avril 1313, il définissait les cas de rébellion d'une manière
^ Voy. aussi , Nicolai episcopi Botrontinensis relatio de itinere italico Henrici VII imperatoris, ad GlementemV papam, ap. Muratori R. j. s. tom. IX,
- « L'empereur étant de retour à Pise, rendit de sérieux arrêts contre » les Florentins, ôtant à la ville toute juridiction et tous honneurs; » destituant et cassant tous les juges et notaires. Il condamna Flo- ') rence à cent mille marcs d'argent, et frappa les citoyens les plus » considérables de la noblesse et du peuple, en leurs personnes et » leurs biens , défendant aux Florentins de battre ou faire battre » monnaie. » Jean Villani, chron. 1, lib. lX,chap. xLViu.