CHAPITRE XIII. — RÉFORMES LÉGISLATIVES
et de Plaisance, et se faire reconnaître prince héréditaire de Toscane. Etant arrivé à Pise, à la suite d'une maladie grave , il connut Bernard Tanucci , professeur à la faculté de cette ville, où avec une critique peutêtre moins heureuse, il s'occupait de rechercher si toute trace de droit romain avait disparu en Italie, pendant l'invasion bourbonienne ^ L'esprit lucide et le caractère résolu du professeur plurent au prince, et peu de temps après il l'appela à son service.
Tanucci, dans son ministère, exercé pendant deux règnes, acquit la réputation d'homme d'Etat habile, il jouit continuellement de la faveur du souverain, et eut de polissants adversaires.
Il fut le premier qui chercha à créer dans le royaume une classe de magistrats supérieurs aux relations des hommes influents, réforme heureuse des anciens abus. « La tendance dans laquelle entra le gouvernement » sous ce ministre, écrivait un publiciste napolitain » éclairé ", porta ses fruits même après lui, et prépara » à la magistrature actuelle, l'occasion de corriger les » torts de l'ancienne. »
Mais pour compléter l'œuvre de Charles et de Tanucci, le talent d'un écrivain se montra fort à propos.
Ce fut Melchior Delfico. Il saisit l'occasion de la revente que le roi faisait des fiefs dévolus, pour faire ressortir les conséquences passées et présentes encore pour son époque, de la juridiction mise entre les mains des barons.
^ Voy. tome I de cette liistoire.
- Winspeare, liistoire des abus féodaux, Naples 181 1, notes, p. 149.
432 DK LA LKGISLATION ITALIENNE.
Il persuada au j^ujuvciTUMucrit do ne pas laisser l'abus s'accroître, et d'établir, par une diminution des droits du fisc, Texemple d'une réforme qui en amènerait d'autres pjus lard *.
Vers la fin du siècle passé, on procédait aux réformes avec non moins d'activité dans l'île de Sicile, et là s'illustrait Dominique Caracciolo, marquis de Villamarina qui, des ambassades de Paris et de Londres où il s'était fait une réputation de bel esprit, avait été élevé à la dignité de vice-roi de Sicile. Les actes de son gouvernement ont été beaucoup loués par les historiens modernes. Parmi ces actes, nous ferons remarquer l'abolition de tous les droits et prestations que réclamaient les barons, et qui n'étaient pas fondés sur des titres anciens; la longue possession ne fut pas admise comme titre suffisant. Caracciolo favorisa beaucoup l'agriculture, en faisant disparaître certaines coutumes barbares en vertu desquelles, dans les terres baroniales, il était défendu au colon de retirer le fruit de ses travaux, sans en avoir obtenu la permission d'un expert nommé par le baron "-. K
Enfin il s'écartait des traditions siciliennes et il préludait à un système mis fort en vogue quelque temps après, lorsqu'il disait ne reconnaître que le roi et le peuple^.
Nous nous réservons d'exposer par la suite les ques-
^ Voy. les réflexions de Melchior Delfico Sur lu vente des fiefs, Naples,' 1790.
2 Considérations sur Vhisloire de Sicile, etc., par Pierre Lanza prince de Scordia, p- 559.
3 Idem, p. 558.