‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 206 sur 284 · CHAPITRE XIII. — RÉFORMES LEGISLATIVES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — RÉFORMES LEGISLATIVES

recevait; mauvaise méthode pour apaiser les dissensions.

Gomme il arrive toujours après de longues disputes, le besoin de repos se fit sentir. Après plusieurs pourparlers, on parvint à s'entendre, et Benoît XIII, le 30 août 1728, promulgua la bulle Fideli ac prudenti dis- 'pensatori^ par laquelle on restituait à la Sicile la prérogative , supprimée mais non éteinte , de la légatmi apostolique. Le cardinal Prosper Lambertini , depuis pape sous le nom de Benoît XIV, contribua beaucoup à cet accord. Entre autres qualités remarquables que possédait ce pontife , il faut lui reconnaître un grand esprit de conciliation, avantage précieux dans la direction des affaires *.

Nous avons vu aux extrémités de l'Italie deux princes entrer dans la voie des réformes législatives. Ils y marchèrent à pas plus ou moins mesurés, avec des intentions plus ou moins larges, par des moyens plus ou moins résolus. Nous voyons maintenant au centre de

parlant des membres composant celte junte, écrit à la page 269 : « Ils s'efforcèrent à l'envi de s'acquitler du mandat qui leur avait » été confié; ils punirent donc, emprisonnèrent, exilèrent, peut- » être inutilement, et je n'ose l'affirmer, une fois ils condamnèrent » à la peine de mort pour un délit tout autre que le délit de cons- » cience. »

^ Voy. Forno, Histoire de la légation apostolique. Voy. la bulle de Benoît XIII, dans laquelle est établi l'accord entre le Saint-Siège et les rois de Sicile sur la légation apostolique de ce royaume, enrichie d'annotations du très-éminent et très-révérent cardinal Lambeitini archevêque de Bologne, et dédiée à S. M. R. Charles de Bourbon, roi des Deux-Siciles, par Pierre Perelli, manuscrit cité dans les Considérations sur l'histoire de la Sicile, du prince de Scordia. On croit que les notes signées Lambertini sont de Perelli, qui prit une grande part à ces négociations.

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la Péninsuh; un i^ouvcrncment (jiii se rô^^énère presque enlicremcnt, el un prince au(pjcl le temps semble manquer, pour opérer lous les cliangemcnls qu'il désire ardemment faire.

La famille des Médicis venait de s'éteindre. Elle laissait l'Etat prêt à tomber en pourriture. Les aspirations de Cosme 111 et les efforts de Jean-Gaston pour rendre à Florence la liberté dont leurs aïeux l'avaient dépouillée, étaient restés sans succès '. La maison de Lorraine avait pris possession du grand ducbé, sous la protection des grandes puissances de l'Europe -.

Les débuts du réone de François de Lorraine indiquaientun système d'innovations utiles, développées largement ensuite au profit du pays. Nous aurons bientôt

* Voy. Zobi, liistoire civile de la Toscane, tom. 1, appendices et documents, num. 1 et 4.

- Voy. Galluzzi, Istoria del Granducaio, liv. IX; Zobi, Storia civile Toscana, tom. 1. Ainsi qu'il arrive souvent, les peuples avilis par la faute de leurs propres gouvernements, n'aiment point à changer de maîtres. On s'accoutume à la corruption et on redoute l'énergie. C'est ce qui est arrivé en Toscane à l'époque du changement de dynastie. Nous reproduisons à ce sujet une impression de voyage, consignée dans les lettres du président de Brosses qui, dans ce temps là parcourait l'Italie. C'est un morceau curieux sous plus d'un rapport. La lettre est datée de Florence le 8 octobre 1739. Rien ne fait mieux l'éloge de la famille des Médicis, dit-il, <f que de voir com- » bien après avoir usurpé la souveraineté sur un peuple libre, elle est » parvenue à s'en faire aimer et regretter. Réellement Florence a fait » une furieuse perte en la perdant. Les Toscans sont tellement per- » suadés de cette vérité, qu'il n'y en a presque point qui ne don- » nassent un tiers de leurs biens pour les voir revivre, et un autre » tiers pour n'avoir pas les Lorrains. Je ne crois pas que rien n'é- » gale le mépris qu'ils ont pour eux, si ce n'est la haine que les gens » de Milan portent aux Piéraontais. »

Dans ce temps là le duché de Milan était occupé par les troupes de Charles Emmanuel 11 1, roi de Sardaigne.

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