CHAPITRE XIII. — RÉFORMES LÉGISLATIVES
de ce genre, sans cependant léser les droits des appelés vivants et de ceux qui naîtraient de mariages légitimement contractés déjà.
On abolit le retrait des biens pour droit de confiscation et d'agnation, en rendant aux propriétaires la faculté primitive de les vendre sans dépendre du proche ou de l'agnat.
On décomposa les masses de biens formant les grands patrimoines de la couronne et des administrations publiques , en faisant des ventes et des aUlvelazioni , espèces d'empbytéoses, à des conditions très-modérées, Il en surgit une multitude de propriétaires nouveaux, dans toutes les classes de l'Etat, et particulièrement dans celle des paysans *.
Léopold considéra les administrations municipales
I Qu'il nous soit permis de recommander ici à l'attention des hommes qui étudient ces théories, un livre qui sous un titre modeste, ren^ ferme des traits remarquables de science sociale, tirés des institutions de la Toscane ; nous parlons de l'Essai du regrettable Jérôme Poggi sur le sijstéme censier de la Toscane.
II ne fa:it pas non plus passer sous silence le mérite d'un traité sur le système économique de Léopold, écrit plus anciennement par l'avocat A Paolini sur la liberté légale du commerce, 1785-86, deux livres : le troisième ne fut pas publié.
Enfin nos lecteurs nous sauront gré assurément de recommander à leur attention spéciale un ouvrage plus récent écrit, par un savant jurisconsulte et publiciste toscan, le conseiller Henri Poggi, frère Je l'illustre Jérôme.
Cet ouvrage, intitulé modestement par Faulour : Cenni Storici délie leggisuir agricultura dei tempi romani fîno ai nostri, aperçus historiques des lois sur l'agriculture depuis les Romains jusqu'à nos jours (Florence 1845-46), est aussi vaste par la conception que riche de doctrine, et mérite d'être étudié spécialement pour ce qui y est dit sur ces dispositions dans la sixième période s'appliquanl en entier au gouvernement de François U et Léopold I.
4 il DE LA LKfilSLATION ITALIENNE.
comme cl(3 simples administrations économiques, et sous ce point de vue en rélorma les anciens règlements. Par suite disparurent ces pales images de république, que les communes de la Toscane avaient conservées jusqu'à lui.
Il y a tout lieu de croire que ce prince avait l'intention de constituer le pouvoir judiciaire, de manière que , les tribunaux devinssent indépendants, et que l'administration de la justice fut exempte de toute perturbation , en réglant par une loi les révisions par voie de grâce et les recours extraordinaires '.
Le sénateur Gianni écrivit un mémoire - sur le système politique que Léopold avait -résolu de donner à la Toscane, s'il n'en eût été empêché par son avènement à l'Empire et par les changements des temps.
Mais sans s'arrêter à ce que Léopold avait projeté de faire, ce qu'il fit suffit pour rendre son nom illustre et vénéré aux yeux de la postérité. Ajoutons toutefois qu'il eut la douleur de voir les peuples méconnaître tout ce qu'il avait fait pour eux, et son fils fut obligé de modifier quelques réformes pour rétablir la tranquillité en Toscane ^.
En parlant de la Toscane, nous ne devons pas passer sous silence ce petit coin de pays, non soumis au gouvernement grand "ducal, et qui fournit un exemple
^ Mémoires du sénateur Gianni publiés par Poter dans le dernier volume de la vie de Ricci.
2 En 1805.
^ L'agitation des temps fut telle qu'en 1705 on crut opportun de rétablir la peine de mor.t pour les crimes de lèse-majesté et pour les assassinats avec préméditation.