CHAPITRE II. — DROIT PUBLIC ET DROIT CIVIL
Robert était accusé d'avoir mis empêchement à Texercice du pouvoir impérial en Italie, et surtout d'avoir créé l'obstacle que Jean, prince de Tarente, avait mis au couronnement de l'empereur dans la basilique de Saint-Pierre.
Robert n'ayant pas comparu, l'empereur, après avoir rassemblé ses principaux vassaux en curie, le 26 avril '1313, sur la place publique de Pise, rendit un jugement contre le défaillant, par lequel il le bannissait, le privait du royaume et de tous ses domaines, et comme rebelle à l'empire le condamnait à être décapité '.
Cette sentence demeura, comme nous l'avons dit, sans exécution aucune. Le pape condamna le jugement, parce qu'on avait appelé devant l'empereur, un prince qui était vassal de l'Eglise romaine, et en outre, parce que l'assii^nation ordonnait de comparaître en un lieu peu sûr, et il lança l'interdit contre quiconque attaquerait le royaume ^.
Les jurisconsultes déclarèrent cette sentence entachée de nullité, parce qu'elle avait été prononcée contre un absent. Les sujets de Robert enfin ne s'en inquiétèrent nullement, n'ayant pas envie de changer de maître.
* Giannone, Histoire civile du royaume de Naples, lib. XXII, cap. I. — Dœnniges, L. C.
^ Lorsque Clément V s'opposa aux volontés de l'empereur, celui-ci voulut que la question fût légalement posée en ces termes : An romanus pontifex potiierit tregunm indicere principi Romanorum? Dans le volumineux recueil des documents synchroniques du règne de Henri VII, conservé dans les archives du royaume à Turin, on voit insérée dans les registres de la chancellerie impériale une opinion formulée à ce sujet par un religieux. L'examen qu'on y fait sur les controverses entre le sacerdoce et l'empire, est très profond el on y conclut pour la négation.
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Ainsi s'évanouit tout en l)riiit,f;t la rnori ayanl frappé Henri pou do louips après, nia loul lovain de discorde et de crainte.
Louis de Bavière aurait peut-être lenlé de mettre à exécution la sentence prononcée par Henri de Luxembourg-, mnis il n'osa le faire. Cet empereur avait fait décider par la diète des princes allemands que l'empire était indépendant du pontife; cependant il voulut la seconde fois recevoir la couronne impériale des mains do l'anti-pape qu'il avait fait nommer dans ce but. Après avoir demandé de l'argent aux villes italiennes, après avoir déposé puis rétabli à Milan la seigneurie des Visconti, il revint en Allemagne.
Les craintes que les républiques italiennes et les Vénitiens conçurent de la maison des Visconti, dont la puissance leur faisait ombrage, furent cause que, peu de temps après, on fit sonner haut le nom de l'empire en Italie, et que Charles IV y fit une descente. Celui-ci loin d'aspirer à y accroître son autorité, se bornait à flatter les princes et le peuple; il vendait des diplômes et des privilèges à tous ceux qui en demandaient pour de l'or. Moyennant une somme de cent mille florins et une pension viagère de quatre mille , les Florentins obtinrent de lui la confirmation de tous leurs droits, et l'amnistie de tous ceux qui étaient tombés en disgrâce auprès de l'empire. Et sans autre raison que de s'attacher le peuple, il anéantit l'aristocratie de Sienne '.
^ L'entente entre Charles IV et la commune de Florence est relatée par Scipion Ammirato dans le XI^ livTe de son histoire. Barlhole, conseiller de Charles IV, raconte le fait de Sienne dans son traité, De