‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 220 sur 284 · CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES

aux libertés publiques dans les autres Etats, dut favoriser celles de Gênes, pour ne pas déplaire à un magnanime citoyen génois. Le ciel sourit à la grandeur d'âme de Doria , et ses concitoyens eurent le mérite de comprendre ses sages intentions et de les seconder.

Comme les discordes civiles avaient bouleversé la république, en reformant le gouvernement, on songea, avant tout, à déraciner les causes de ces dissensions, et on y parvint. Pour donner de la solidité à une machine tant de fois ébranlée, le gouvernement fut réduit à une aristocratie, non absolue, mais limitée, et cette forme de gouvernement dura environ trois siècles.

D'abord, on établit qu'on ne distinguerait plus les citoyens par le parti auquel ils appartenaient; qu'on devrait faire disparaître toute qualification qui avait servi d'aliment aux dissensions civiles; qu'on devait considérer comme effacées à jamais les factions des Guelfes et des Gibelins, des Adorni et des Fregosi.

La seule distinction fondamentale qui devait rester, était celle de la noblesse et du peuple; la noblesse devait composer l'ordre qui aurait désormais accès aux honneurs publics et serait chargé de l'administration de l'Etat, mais tous les citoyens pouvaient arriver à la

souscription nationale, et portant : S. C. Andreœ de Auriœ patriœ liberatori mimus pubîiciim.

Celle mise au bas de la statue qui lui fut érigée et qui a été renversée à la fin du siècle dernier par la rage révolutionnaire :

Andreœ Aiiriaœ civi optimo felicissimo, vindici atque auctori publicœ lihertatis senatus Genuensis.

Entin le souvenir plus touchant encore, gravé sur la façade de l'église de Saint-Mathieu : Maiorum nostrorum memoria Andréas de Auria affliclam patriam non deseruit.

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noblesse par la naissance ou j)ar leur iinTlIr; pr-rsonncl.

Pour fonder ce système, on élahlissail (jiie loulo famille (jui (enail six maisons ouvei'les à Gènes, en ce momcnl, excepté les familles Adorno et Fregoso, dont, en raison des dissensions passées, on aurait voulu effacer jusqu'au nom, serait considérée comme un liôiel {(liber (jo) ^ et destinée à grouper les autres familles moins répandues des citoyens dignes de la noblesse, de manière que les familles de partis différents se trouvassent confondues dans un albcrgo commun ' On ordonna que les noms et prénoms de ces nobles, ceux de leurs successeurs et ceux des citoyens qui seraient élevés à Tordre de la noblesse, fussent enregistrés dans un livre conservé par le collège des procureurs de la république, intitulé le Livre d'Or.

Le sénat eut pouvoir d'ajouter aux nobles, tous les ans, sept habitants de la ville et trois des Rivières, choisis au sein des familles que leur position sociale ou les droits acquis auprès de la république, rendaient dignes de cette distinction.

Gomme il y avait à Gènes des institutions de legs et de délégations fidéi-commissaires qui grevaient les

^ Les familles qui se trouvaient dans les conditions voulues pour constituer une albergo , étaient en ]^2S au nombre de vingt-huit; savoir vingt-trois de noblesse ancienne , cinq du peuple. C'étaient : Doria, Calvi, Calani, Centurioni, Gibo, Cicada, Fiesclii, Franchi, Fornari, Gentili, Grimaldi, Grilli, Giustiniani, Imperiali, Interiani, Lercari, Lomellini, Marini, Megri, Negroni, Pallavicini, Pinelli, Proraontorii, Spinola, Salvaghi, Sauli, Vivaldi, et Ususmari.

On distinguait le parti des vieux nobles d'avec celui des nouveaux, par le lieu où ils se réunissaient; ainsi l'on disait: le portique de Saint-Luc ou vieux portique; le portique de Saint-Pierre ou portique nouveau.

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