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CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES

en 1547, une loi nouvelle appelée vulgairemeut garihetto (bonne petite tournure).

Le but principal de cette loi, faite par Tautorilé de Doria, plutôt que par une délibération libre des conseils, était de favoriser la vieille noblesse, en substituant, pour l'élection d'un certain nombre de magistrats, la voie du scrutin à celle du sort. Ainsi pour le grand conseil, cent membres devaient être nommés aux voix ; des autres quatre cents, cent devaient également être élus aux voix pour composer le petit conseil.

Les électeurs appelés à élire les membres composant les deux conseils, étaient les deux collèges, les huit protecteurs de la banque de Saint-George, les cinq syndics suprêmes et les sept de la magistrature des extraordinaires. On donna au petit conseil pouvoir d'élire les vingt-huit désignés par la loi, pour nommer le doge et les gouverneurs.

Tant que vécut Doria on marcha à l'aide de ce tempérament, assez respecté par les nouveaux nobles et le peuple; mais à sa mort les dissensions entre les citoyens s'accrurent outre mesure, les vieux notles se séparèrent de plus en plus des nouveaux, et les élections furent vivement contestées. Le peuple à son tour sentit l'aiguillon de l'ambition, et aspira à prendre part aux élections. La ville était très-agitée, et l'Etat se trouvait exposé aux plus graves embarras, lorsque du consentement de la seigneurie, le pape, l'empereur et le roi d'Espagne furent acceptés comme médiateurs pour rétablir l'ordre dans le gouvernement génois '.

* La médiation fut proposée par les Génois eux-mêmes pouréviter

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Les minisli'os désignés par les puissances iiicdialrices furent : le cardinal Jean Morone, pour le pape; Pierre Fauno Costaceiara, éverpie d'Acqui, pour Tempei-eur, el le conseiller don Juan Idiarpiez pour le roi d'Ksf)a^ne. Ceux-ci après avoir pris connaissance des affain-s du pays, se retirèrent dans la ville de Casai Moniferrat pour procéder plus tranquillement à la réforme de la constitution génoise, laquelle fut publiée à Gênes le 17 mars 1576 '. Par cette réforme on faisait disparaître toute différence précédente entre les citoyens, on effaçait les appellations de gentilshommes vieux, nouveaux, agrégés, populaires, du dedans, du dehors, des portiques de Saint-Luc, de Saint-Pierre, et tous autres noms, prénoms, surnomset dénominations de personnes,

(les embarras intérieurs, et spécialement par Mathieu Senarega, l'un des nobles nouveaux, homme sage et de grande expérience

^ Voy. « Leges novae reipublicae Genuensis a legatis sunimi Pon- » titicis, Caesaris et Régis catholici, in quos pcr rempublicam collata » fuerat auctoritas, conditae, et Genuse die XVII martii MDLXXVI » publicatse. » Genuae apud Marcum Antonium Bellonum ducalem typographum, 1576.

Voy. une lettre adressée par l'illustre historien, le patricien Hubert Foglietta, de Rome, le 11 novembre 1575, au cardinal Morone, dans laquelle il lui recommande de faire revivre à Gènes la loi de 1528 qu'il appelle nn contrat solennellement consenti; Foglietta dit que « le droit de faire des lois appartient, de iure nafurœ et de » œterno iure gentium, à la masse de la nation, mais que celle-ci )) peut déléguer ses droits. » Uberti Folietœ patr. gen. Anecdota, Genuse 1838, p. 199 et s.

Voy. en outre « les commentaires de ce qui se passa à Gênes de- » puis 1572 jusqu'à 1576, écrits par Jean-Baptiste Spinola, fils de » Nicolas, fils de Daniel, publiés pour la première fois par les » soins de Vincent Alizeri.» Gènes 1838. Spinola, écrivain contemporain, se montre impartial et partant digne de foi.

Voy. Histoire delà république de Gènes, 'écrite par Charles Varèse, 1836,. ad annos.

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