‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 224 sur 284 · CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES

Cette constitution politique élaborée, comme nous l'avons vu, dans l'espace de quarante-huit ans environ, forma la base du gouvernement de Gênes, et se maintint dan's ses principes, jusqu'au choc de la révolution française qui la renversa. Mais, même en cédant à ces coupa du sort, la République génoise ne perdit point sa dignité et succomba honorablement, ainsi que nous le verrons dans la suite.

A Florence les choses se passaient autrement qu'à Gênes. Les esprits n'^ étaient pas moins agités; chez quelques-unSj même désir de liberté, mais les remèdes du mal étaient plus difficiles à appliquer. « Les Médicis, )) dirons-nous avec un illustre écrivain ^, avaient pour

^ Le marquis Gino Capponi dans une notice qui précède ses Dis^ cours sur la réforme de l' Etat de Florence [i^2^-^2), insérée 3i\i lom. l, deVArchivio storico Italiano.

Galluzzi, dans son histoire du grand duché de Toscane sous le

gouvernement de la maison des Médicis, introduction § 3, développe

encore plus ce thème. « Les esprits, écrit-il, étaient de plus en plus

» divisés, et formaient de nombreux partis. La populace agitée par

» tous ces troubles, en redoutait de plus grands encore, et était de-

» venue désormais indifférente à la liberté ou à l'esclavage ; elle dé-

» sirait le repos de quelque part qu'il vînt ; parmi les nobles les plus

» sensés, on ressentait combien était grande la perte de la liberté ;

» mais on comprenait que le système actuel n'était pas la liberté, et

» on doutait s'il valait mieux mieux avoir les Médicis» ou l'anarchie.

•) Ceux-ci étaient cependant appelés suspects. Le parti dominant

» était celui des enragés, composé en grande partie d'une classe de

» personnes inscrites dans les arts intérieurs, lesquelles sous la dic-

» talure des Médicis avaient été tenues éloignées de toute participa-

» tion au gouvernement des affaires publiques ; et leur nombre était

)) grossi par tous les nobles qui, pour dettes, pour délits ou tout

>) autre motif, étaient ennemis des adhérents des Médicis, et cher-

» chaient à s'agrandir en faisant de l'opposition. Le grand conseil

» était entièrement composé de ces gens là, qui s'étaient armés au

n nom de la liberté, foulaient aux pieds toutes les lois, et se livraient

» à toute sorte de licence, etc. »

478 I)H LA l,K(.ISLA'JI(JN ITALIENNE.

î eux les provinces mal gouvernées et tous les «inciens » nobles (jui rivaient à se plaindre du pen[)le, la vil<' » multitude el les plus corrompus d'entre les nouveaux » nobles. Ainsi du côté des Pallcschi ' étaient les vices; )) du côté des Playnoni -, la vertu. •) Mais cette vertu ne suffisait plus pour sauver l'Etat; elle pouvait faire mourir noblement , elle n'aurait pu faire vivre plus longtemps. Les souffrances endurées disposaient le peuple à l'apaisement. Les hommes les plus expérimentés dans le maniement des affaires publiques, considéraient la liberté comme perdue, et se rapprochaient du parti qui promettait un avenir meilleur; nul n'était assez puissant pour agir seul; tous voulaient se plier aux circonstances.

Le siège de Florence se termina par la convention conclue entre les quatre orateurs de Florence et don Fernand de Gonzague, le iO août 4530 ^ Outre l'obligation par la ville, de payer sous peu de jours quatrevingt mille ducats, pour faire retirer l'armée assiégeante, les principaux articles de cette capitulation portaient : que le pape et la ville donneraient pouvoir t'i l'empereur Charles V de déclarer, dans l'espace de trois mois, quelle serait la forme du gouvernement de Florence, la liberté étant d'ailleurs garantie; amnistie devait être accordée à tous ceux qui s'étaient montrés

^ Palleschi, ainsi appelés des armoiries desMédicis qui portaient des boules ou pilhiles. Les Palleschi étaient les adhérents des Médicis.

- Piagnoni, pleurnicheurs. On donnait ce nom à ceux qui suivaient les convois funèbres, et on l'appliqua ensuite à ceux qui s'apitoyaient sur la perte prochaine de la liberté.

^ La conventi'on ponrla reddition de Florence fut signée par Valori, commissaire du pape, au camp, le 12 ^oût précité.

Page 1