CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES
hostiles au pape, à ses amis et serviteurs; et jusqu'à l'arrivée de la déclaration de l'empereur, la garde de la ville restait confiée à Malatesla Baglionc, à la tête do deux raille hommes d'infanterie.
La décision impériale fut signée à Augsbourg, le 28 octobre de la même année ; et Charles V décida selon les intentions de Clément VU.
Le diplôme impérial ne manque pas de phrases ni de compliments dans le style de la chancellerie de l'empereur. Il rappelle l'accord signé sous les murs de Florence, lequel mettait à la disposition de l'empereur la direction et le gouvernement de la République florentine K
La clause qui stipulait la garantie de la liberté, Charles la considérait comme une dédition et déclarait pouvoir disposer des affaires de Florence comme il lui plairait, absolument comme s'il se fut agi d'un retour aux droits qu'il avançait appartenir à l'empire. Il se disait disposé d'ailleurs à rendre ses bonnes grâces à Florence , par égard pour Clément VII , qui s'était interposé à cet effet, et il renouvelait en faveur de la ville tous les anciens privilèges , droits , concessions , libertés, grâces et induits dont elle avait joui par le passé. Venant ensuite à l'organisation de l'Etat, et tout en protestant, ce que l'autorité de l'histoire ne ratifiera jamais, qu'il agissait pour le bien de Florence et de toute l'Italie -, il décrétait que le gouvernement serait monarchique plutôt que populaire, que les magistrats
'' « Regimen, gubernium et slatum disponamus et instiUiamus.»» '^ « Et cum pro solilo instiluto riostro, niliil aliud quam ejus et » universce ïtalise salulem, pacem, quieteiii et libertalem quaeranius. »
sor;ii('rit élus ol insliluôs coinnio avant l'expulsion dos Médicis, et ([u'à la lèlf! de l'Etat r-t du {^gouvernement de celle Uépublifjue on niettrail Alexandre de Médicis, duc de Citta de Ponna, auquel, peu auparavant, rempereur avait fiancé Margueiite, sa fille naturelle; qu'à Alexandre succéderaient au pouvoir ses héritiers et descendants rnàles , par ordre de primogéniture, et à défaut, les plus proches parmi les héritiers mâles dans la famille des Médicis, toujours par ordre de primogéniture.
Il est formellement déclaré dans ce diplôme que le duc était président naturel de toutes les magistratures. En cas de rébellion et de résistance aux ordres impériaux par la République , l'Etat faisait retour à l'empire.
La constitution impériale semblait vouloir le rétablissement de la magistrature à Florence, telle qu'elle existait avant l'expulsion des Médicis, mais cela s'accordait difficilement avec la forme monarchique qu'on donnait au gouvernement en faveur du grand -duc. Par suite on s'occupa des changements à faire entre le pape Clément Vil , promoteur principal de la grandeur de sa maison, et ses adhérents. Si d'un côté on voulait agrandir l'autorité du grand-duc Alexandre, de l'autre on n'oubliait pas les intérêts des partisans de la m.aison des Médicis, et l'on ne manquait ni de prétentions ni d'embarras.
Entre 1531 et i53!2 cependant, commencèrent de longues négociations entre le pape, qui avait résolu de rendre Alexandre maître absolu de Florence , et qui , comme dit Capponi, selon son habitude, voulait lancer