CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES
devaient prendre^ part : François Vettori et François Guicciardini ne s'écartaient pas beaucoup de la manière de voir du premier, bien qu'ils penchassent pour un gouvernement semblable à celui de Laurent-le -Magnifique avant 4494. Louis Guicciardini et Philippe Strozzi, au contraire, conseillaient au pape non-seulement de mettre à la tête du gouvernement de Florence, un des siens, mais encore de le rendre prince absolu et maître de tout.
Enfin messire Antoine Mussettola, ambassadeur de Charles V, publia à Florence le diplôme impérial, et l'on vit la Seigneurie l'accepter avec la plus vive reconnaissance.
Le gonfalonier baisa et couvrit de larmes ce diplôme ; les plus sages citoyens s'aperçurent que tout espoir de liberté était entièrement perdu, et ressentirent une profonde douleur qu'ils s'efforcèrent cependant de ne pas laisser paraître à l'extérieur ^
Procédant enfin à l'organisation formelle du gouvernement, toujours sous la direction de Clément Yll et des Palleschi, on créa une magistrature de dix citoyens, avec plein pouvoir de réformer le gouvernement; on y comprit François Guicciardini et Baccio Valori, lesquels venus à Florence avec d'autres citoyens , établirent une nouvelle forme de République sur les bases suivantes :
Désormais il ne sera plus question de la Seigneurie, le palais sera gardé, et les premiers magistrats s'y réuniront pour vaquer à leurs travaux.
^ Voy. Segni et Varchi dans leurs histoires.
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Alcxandio (1(î MôfJicis sera nommé duc de la llépuhlique avec toule rautorilc rjiron pont accorder à un prince.
A sa mort ses enfants légitimes lui succéderont au trône ; à défaut de descendance , le pouvoir sera dévolu aux héritiers de Laurent, de Pierre et de François de Médicis, par droit de primogéniture.
On élira quatre conseillers pour assister le duc ou son lieutenant dans les matières qui étaient attribuées auparavant à la Seigneurie ; ces conseillers ne résideront pas dans le palais.
On nommera un conseil ou pouvoir de quarante-huit
citoyens, qui devra élire les magistrats supérieurs du
dedans et du dehors , et les autres magistrats seront
•pris par voie de scrutin, dans un conseil de deux cents
citoyens.
Le conseil des quarante-huit perfectionnera les lois,» et composera le Sénat de la République, mais il lui est interdit de délibérer sur aucune matière autre que celle qui lui sera soumise au nom du prince , par un chancelier délégué.
Tel fut l'ensemble des réformes qui mirent lin à Florence au pouvoir des prieurs et du gonfalonier. La constitution florentine dont nous parlons fut promulguée sous le titre de : « Ordonnances faites par la République de Florence , avec Son Excellence le duc de Médicis, reconnu chef d'Etat le 27 avril 1532. » Ces réformes furent accomplies le l^r mai 1532; Alexandre triompha de la liberté opprimée de Florence , non pas par sa valeur personnelle, mais par la faveur d'autrui.
Après ce grand changement dans la forme du gou-