‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 229 sur 284 · CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES

vernemenl de Florence, plusieurs citoyens, pour éviter des dangers, se soustraire à la rigueur des lois, ou se consoler de la perte de leur liberté, quittèrent le pays. De ce nombre fut Donato Giannotti, chaud partisan de la liberté de sa patrie , qu'il avait servie en qualité de secrétaire des Dix de la liberté et de la paix. Dans ses longs jours d'exil, Giannotti écrivit son livre de la République florentine^ espérant, après avoir démontré les causes qui avaient aliéné l'afTection des citoyens aux deux gouvernements précédents , pouvoir rendre facile le retour à une liberté tempérée et durable. Illusion fréquente aux esprits ingénus, aux âmes candides, que l'expérience ne parvient pas toujours à convaincre.

Pendant que s'accomplissait la ruine de la liberté, on songeait à désarmer les citoyens de Florence et l'on créa une milice permanente dans l'Etat, non-seulement pour la défense des frontières, mais aussi pour armer les provinces contre la capitale. Les villes de second ordre acquirent des privilèges, jouirent d'un gouvernement plus doux , d'une meilleure administration de la justice. Les provinciaux devenus , sinon de condition supérieure, du moins égale à celle des citoyens de la capitale, s'attachèrent au nouveau gouvernement, et consolidèrent l'autorité de la maison des Médicis.

Nous verrons bientôt comment le principe vital de la constitution florentine fut tour à tour soutenu ou combattu par l'extinction de la famille des Médicis; mais en attendant , nous ne devons pas laisser passer inaperçu un changement considérable dans le droit public survenu en Piémont dans la seconde moitié du xvi^ siècle.

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486 HK LA LFÔ(ilSLATION ITALIENNE.

Un prince hardi, priidcnl, dépouillé do pros(|ue tous ses Etats, ios avait rcconcjuis à la poinio do rôpôo. Lo trailô do Caloau-Cambrésis , du 3 avril 1550, entre Henri II, roi do France, et Philippi; 11, roi d'Espaj,mo, portait la reslitulion des anciens Etats d'Emmanuel - Philii)orl, lequel vainqueur à la bataille de Saint-Quentin, avait fourni l'occasion de conclure celte paix.

Il ne suffisait pas au duc Emmanuel-Philibert d'avoir reconquis ses Etats, il voulut reconstituer le gouvernement sur des bases telles que, mettant entre ses mains tout principe d'autorité, il eût un peuple façonné à sa guise, et une politique propre à sa maison.

Il réussit admirablement dans ce double projet, puisque le peuple était de tout temps dévoué aux princes de Savoie ', et la situation géographique de son

^ Ce dévouement apparaît dans toute l'histoire de la maison de Savoie. Nous en citerons un seul trait, parce qu'il a une grande signification, et qu'il est rapproché des temps dont nous parlons. En 1.536, vingt-cinq mille Français entrèrent en Savoie, franchissant les Alpes parle pas de Suse. L'armée commandée par l'amiral Chabot, le marquis de Saluées et le comte de Furstemberg, se présenta, le 1er avril, aux portes de Turin, dont le gouverneur était Louis de Savoie, comte de Pancalier. Les citoyens se préparaient à la défense, lorsque le duc Charles Inur envoya de Verceil l'ordre de ne pas résister, ne voyant aucune chince de succès contre un ennemi aussi nombreux. Lhs habitanls de Turin consentirent à traiter, mais snns s'inquiéter d'irriter les assaillants qui menaçaient de mettre la ville à f^^u et à sang. Le 3 du mois précité ils signèrent les protestations suivantes : « Praefati domini Credendarii in praesentia ipsius domini Ghuvenge « héraut d'armes regii, presentis et intelligentis, in eodem Consilio « protestati fuerant quod per qnsecumque gcrenda in ipso praecepto, » non intendebant qund aliqualiter derogaretur alicui iuri, aucforilati » et iuridictioni illuslrissimi D. D. Caroli Sabaudise ducis, principis » et domini eorum et s.uccessorum suorum, nec non statatis, pri- » vilegiis, imraunitalihus, et aliis quibuscumque iuribus ipsius cora-

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