CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES
» n'appellerait à la succession de la Toscane aucun des » membres de la maison de Bavière, ni de France, et » qu'ainsi ils n'eussent pas à envoyer au grand duc lui- )) même tin gouverneur ou surintendant^ qui gênerait )) le prince et sa famille, au grand détriment de la liï> berté ^ »
Rinuccini traita l'affaire avec habileté, obtint de bonnes promesses, et l'on discuta la valeur des titres légaux sur lesquels reposait la domination des Médicis. Ce ministre écrivait au grand duc qu'il n'avait parlé au grand pensionnaire d'aucune de ces traditions anciennes concernant la Toscane, puisque, ajoutait-il, pour parler franchement ^ V. A. R., quoique je ne pense pas quelles puissent être iîivoquées au préjudice de la liberté dont nous prétendons jouir, il y a cependant là des choses et des mots qu!il vaudrait mieux ne pas y trou-
ver ^.
Et ce fut précisément sur ces paroles et sur ces choses qu'il s'éleva, peu après, une controverse qui attira l'attention des publicistes de l'Europe.
A la conclusion de la quadruple alliance on avait aussi disposé de la succession future du grand duc de Toscane. L'article 5 du traité de Londres, du 2 août 1718, réglait cette succession, non pas selon les désirs de Go&me III et les vœux du pays, mais dans le but d'empêcher qu'il ne surgît une guerre entre l'Empire
* Extrait d'une lettre écrite le 10 mars 1710 parCosme 111 au marquis Charles Rinuccini ambassadeur à la Haye, dans Zobi, Histoire civile de la Toscane, toni. I, appendice num. 1.
^ Réponse de Rinuccini au grand duc, du 28 août 1710, L. C. app. num. 2.
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cl. l'Espa;}^no. On dérlaiail , on ofï'el , dans cet article : (( (jue les Etals (|iio possédait alors le grand duc de )) Toscane seraient reconnus, pour l'avenir et à jamais, )) par toutes les parlios contractantes, et considérés » comme fiefs masculins du Saint-Empire romain. »
Or ce fut pour combattre cette prétendue inféodalion que Cosmc 111 lit publier de savantes dissertations, afin d'éclairer l'opinion publique, et, si c'était possible, d'éloigner les grandes puissances de cet attentat ftréconçu. Il est dû un hommage tout particulier au livre du savant Joseph Averani , écrit à la recommandation du grand duc, et ayant pour litre : De libertate civitatls floreniinœ ejusque dominii, imprimé à Pise en 1722 et publié vers la fin de l'année suivante, c'est-à-dire, lorsque les ministres des grandes puissances, réunis à Cam.brai , délibérèrent de maintenir les stipulations de Londres de 1748. L'empereur Charles VI fit opposer au livre d'Averani , un autre Kvre composé par le baron Sponnaghel, publié en 1724-26, sous le titre de Notice sur la vraie liberté florentine^ considé?'ée dans ses justes limites et dans l'ordre des temps '.
Ce travail, qui revêt le caractère d'une plaidoirie, est intéressant par le grand nombre des documents qui y sont rappelés -.
* Notizie delta vera Uberta fioreniina considerata nei suoi giusti Umili per l'ordine de SecoH.
'^ Dans les livres précités il est question seulement du prétendu caractère de féodalité attiibué à l'Etat de Florence, puisque pour celui de Sienne, qui avait formé une république séparée de celle de Florence, l'Espagne s'en était attribué la domination dès 1557, et tous les grands-ducs de la famille des Médicis, en avaient demandé l'invesliture à cette puissance. Cependant le traité de Londres ne