CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES
Il ne sera pas hors de propos.d'indiquer que la discussion des titres de souveraineté s'étendit à cette époque au-delà de la Toscane , en se portant sur les duchés de Parme et Plaisance, dont avait également disposé le traité de Londres de i7i8. Le Saint-Siège protesta formellement contre cette disposition , déclarant que ces duchés étaient de sa mouvance et non de celle de l'Empire *.
Mais la controverse parut épuisée, les protestations subsistèrent, et néanmoins les faits s'accomplirent; la Toscane passa sous le gouvernement des princes de Lorraine, et les duchés échurent à une branche de la maison de Bourbon.
Nous avons vu dans le cours de celte histoire que la suprématie du souverain pontife sur le royaume de Naples avait été reconnue ^.
En raison de cette suprématie, les rois des Deux-Siciles rendaient au souverain pontife un hommage spécial tendant même à reconnaître certains droits utiles que le Saint-Siège soutenait avoir possédés dans les siècles antérieurs, dans les provinces de Naples et de Sicile. La veille de saint Pierre , le roi faisait offrir au pape un cens annuel. Le prince Golonna, grand connétable du
faisait pas celte distinction et la Toscane tout entière fut déclarée fief impérial. Voy. Zobi , histoire civile de la Toscane, tit. 1, p. 55.
^ Voy. le livre intitulé : « Dell' istoria del dominio temporale délia Sede Apostolica ncl ducalo di Parma e Piacenza, libri tre giustilicati con gli autori originali, col diritto délie genli e con gli atti publici.» Rome, 1720. Par ce livre on entendait répondre à celui qui avait clé publié par un légiste milanais sous le titre de Animmlversioms, pour la défense des droits invoqués par l'Empire.
^ Tom. II, p. 46.
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royaijiiic de Napics, el connue Ici rcvèlii de la di^Miilé d'ambassadeur extraordinaire, se rendait à cheval et entouré d'une grande pompe, à la basilique du Vatican, et allant à la rencontre du souverain pontife dans le vestibule, lui ofï'rait, de la part de son souverain, une liaquenée (cheval blanc) somptueusement harnachée, et un cens de sept mille ducats d'or, pour le royaume de Naples. Le pape répondait : « qu'il recevait ce cens )ft comme signe de sa souveraineté sur le royaume des » Deux-Siciles, en deçà et au-delà du Phare. »
En l'année 1776, pendant qu'on offrait la haquenée, il s'éleva une contestation de préséance entre la suite du gouverneur de Rome et celle de l'ambassadeur du roi d'Espagne, sans cependant qu'il s'en suivît un grand désordre. Néanmoins, dés qu'on en eut connaissance à Naples, le ministre Tanucci, qui aurait voulu affranchir la couronne de ce tribut, engagea le roi Ferdinand à écrire à son minisire à Rome que, voyant à son grand regret que cette cérémonie pouvait donner lieu à des scandales, il avait résolu : « qu'en cas qu'il voulût con- » tinuer cet acte de dévotion envers les saints apôtres, » il s'en acquitterait en faisant présenter l'offrande or- » dinaire par l'entremise de son agent, ou de tout autre » délégué par son ministre auprès du Saint-Siège. » A peine Pie VI eut-il connaissance de cette résolution qu'il entrevit ce qui allait arriver, et ce qui se réalisa, en effet, quelques années après la mort de Tanucci. En 1788, la veille de saint Pierre , le roi Ferdinand fit offrir les sept mille ducats, mais en particulier et sans la haquenée. Pie VI refusa ce cens comme incomplet et manquant des solennités habituelles; par suite, le jour de