CHAPITRE XIV. — ACTES, QUESTIONS ET DOCTRINES
la fête de Saint-Pierre il fit une protestation solennelle, afin de garantir les droits auxquels le Saint-Siège n'entendait pas renoncer.
En attendant on disputait de part et d'autre, et l'on faisait des plaidoyers à l'appui des prétentions respectives des deux cours. On entama diverses discussions de critique historique ; les Napolitains attaquèrent la sincérité de l'acte de donation de Henri I^', sur lequel se fondaient principalement les réclamations de Rome. Les Romains invoquèrent différents titres anciens de possession ; l'ampliation des princes Olhon et Henri \^^\ à la donation de Charlemagne, les conventions et accords entre le Saint-Siège et l'Empire , et surtout les investitures concédées par le pape à Robert Guiscard et à Charles d'Anjou. On continua longtemps encore à écrire et à discuter, on entama des négociations politiques pour arriver à un arrangement amiable, mais enfin on n'arrêta rien. Le cens ne lut plus payé, et on continua à protester '.
Venant maintenant à parler des doctrines de droit public, nous prions le lecteur de se rappeler ce que nous avons dit précédemment, dans le cours de cette histoire.
Les agitations dans lesquelles s'étaient écoulées les dernières années du xv^ siècle et la première moitié du XYie, avaient laissé des impressions profondes dans
' Voy. à ce sujet les Annali d'Italia, compilées par A. Coppi, aux années 1776 et 1778. Ce sage et intelligent écrivain a appuyé son récit sur les mémoires particuliers qu'il possédait. Borgia, Brève sloria del dominio temporale dclla S. Sede nelle Due Sicilie. Esame délia pretesa donazione fatla da Santo Arrigo imperatore alla S. Sede, etc.