II
Les inquisiteurs étaient chargés d'examiner la vie du prince décédé, et les correcteurs proposaient au grand conseil les changements qu'on croyait devoir apporter à la promesse ducale.
Avec tous les obstacles imposés à l'autorité du doge, un excès de pouvoir n'était guère possible ; mais il pouvait y avoir des réclamations particulières, comme, par exemple , si le défunt avait laissé des créanciers non payés. Alors les créanciers timbraient la statue du défunt, en signe de séquestre et de réprobation. Cet usage avait disparu dans les derniers temps, mais peu s'en fallut qu'on ne le fît revivre contre la mémoire de l'un des plus dignes, parmi ceux qui parvinrent au dogat K
Passons maintenant aux conseils et aux magistrats, qui jouissaient réellement des prérogatives du gouvernement.
Le grand conseil était la véritable assemblée de la nation. C'était lui qui nommait aux charges les plus considérables de la République ; à lui étaient déférées les affaires de haute importance; chacun de ses membres avait le droit d'initiative {eccitamento) ., ce qu'on appellerait aujourd'hui le droit de faire une motion.
Mais lorsque l'initiative consistait en une proposition formelle , elle appartenait à la seigneurie , c'est-à-dire au doge avec ses conseillers et les trois chefs de Quarantia, ainsi que nous le verrons après. Cependant les chefs du Conseil des Dix faisaient aussi des propositions.
^ Marc Foscarini. Voy. la préface de M. Thomas Gar aux écrits de Foscarini, insérés dans les archives historiques de lltalie, tora. V.