‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 249 sur 284 · CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE

Dans les temps les plus proches de nous, à ces conseillers s'unirent les chefs du conseil des quarante chargés de V instruction criminelle^ et ce conseil, présidé par le doge, fut appelé la sérénissimc Seigneurie.

Il faut maintenant parler des avocats de la commune, Avogadori del comun, comme d'une magistrature qui contribua puissamment au maintien de la puissance

» payés sans délai, et au bénéfice des bans exprimés dans les dites dé- » libérations, dont la copie a été transmise à nos recteurs de Vérone, j) cependant pour satisfaire aux désirs de l'individu qui s'offre pour » empoisonner Octavien, nous autorisons le colonel à procéder selon )) qu'il nous en écrit lui-même, et nous ferons en sorte que les dix » mille ducats soient comptés immédiatement à l'individu en ques- }) tion, lui assurant le bénéfice du ban. » (Liasse XXIII, parties se^ crêtes, 1583-86, des archives du conseil des Dix.)

« 1613 le 20 décembre en conseil des X.

j) Ordonnons que (le prisonnier Michel Valenti) soit mis à mort )) par le poison , selon qu'il semblera convenable aux chefs de ce )) conseil, se servant des moyens et des instruments qu'ils jugeront )) opportuns pour que le tout s'accomplisse de la manière la plus ).' prudente et la plus secrète. » (Registre criminel du G. X, num. 35, p. 79.)

« 1621, 20 septembre en conseil des X.

» S'il vous semble, d'après ce qui a été dit et écrit, qu'il faille pro- » céder contre Jérôme Vano de Salo, en ce moment détenu... Nous i) voulons que demain soir 21 du présent il soit noyé, mais que le » tout se fasse avec le plus profond secret. »

A lalecture de ces documents qui furent publiés parle directeur des archives générales de Venise, il serait inutile d'ajouter le moindre commentaire. Il faut ajouter encore que, parfois, pour les délits contre la religion, àVenise, on allaitaussi loin que pour les crimes contre l'Etat. « Nous agissons plus que nous ne parlons; » (écrivait Paul Tiepolo ambassadeur de Venise à Rome, dans une dépèche du 27 avril 1566,) « nous n'employons ni le feu ni les flammes, mais nous faisons pé- » rir secrètement ceux qui le méritent. Toutes ces xlémonstrations » publiques de terreur, qu'on faisait autrefois, causaient plus de mal » qu'elles n'étaient utiles.»

César Cantu, Excursion d'un Lombard dans les archives de Venise, p. 24.

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vénitienne. Nous avons (Irjà pari*; de ces inagistrals, clans le cours (Je noire liistoire, et nous en avons fait remonter l'origine an xm^ siècle. Ils étaient au nombre de trois; le sénat les choisissait, et le grand conseil les confirmait.

Leur mission était de veiller au mninticn des lois, en procédant en toute rigueur contre les contrevenants. Ils remplissaient l'office de ministère public dans les procès civils et criminels; désignaient les tribunaux devant lesquels devaient être portées les diverses causes, et s'opposaient à la promulgation des décrets contraires au bien public. Les délibérations du grand conseil et du sénat n'étaient valables qu'avec leur intervention. Ils remplissaient le rôle d'accusateurs contre quiconque avait tenté de violer l'ordre établi ; ils s'opposaient à l'entrée en fonction des citoyens qui étaient accusés ou traduits en jugement; ils faisaient payer l'amende aux magistrats qui ne remplissaient pas leur devoir. A ces avocats était confiée la garde du livre d'or ou registre, sur lequel on inscrivait la naissance et le mariage des patriciens; ils devaient intenter les procès contre les femmes non nobles, qui prétendaient être de naissance assez bonne, pour pouvoir se marier avec un patricien, et ils recevaient les preuves de la qualité de citoyen orioiinaire de Venise.

Ces magistrats veillaient à la conservation des actes originaux de toutes les délibérations du grand conseil \

et des décrets du sénat, dont ils donnaient , de temps en temps, lecture aux patriciens, afin qu'on n'en perdit pas le souvenir.

La mission de ces avocats, tout entière au maintien

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