CHAPITRE XV, — LOIS DE VENISE
tester : les cédules écrites et signées par les testateurs, et les bréviaires au lit de la mort, faits et confiés aux souvenirs de ceux que le testateur appelait comme témoins , et corroborés par le serment de ceux qui les attestaient.
Variées en la forme, les lois faites pour corriger les abus introduits dans la procédure, les jugements et les règles des contrats , étaient cependant identiques au fond. Nous en citerons deux qui se rapportent à des usages propres exclusivement aux Vénitiens ; l'une publiée sous le doge Charles Gontarini , réglait le mode de se vêtir des nobles, qu'on prescrivait simple et uniforme pour tous les patriciens non revêtus d'une dignité qui leur donnait droit à un vêtement particulier, comme on disait alors. L'autre faite sous Louis Contarini, réglant le mode d'élection de certains magistrats, notamment ceux institués contre le blasphème.
Le tribunal des exécuteurs contre les blasphèmes fut créé en 1537 ; il était composé de quatre membres, sous la dépendance du Conseil des Dix. Leur principale mission était de rechercher et de punir les blasphémateurs et les profanateurs des lieux saints; de veiller à la tenue des maisons de jeux, et des réduits des gens de mauvaise réputation ; ils étaient aussi chargés des costumes et de tout ce qui concerne les théâtres.
Au commencement du xyiii^ siècle on fit quelques règlements sur l'ordre des jugements, mais ils ne produisirent pas tout le bien qu'on en attendait.
Dans la seconde moitié du même siècle , au contraire, on multiplia avec succès les compilations des lois.
Lo Sénat af)[)r()uva nue compilation do lois cririiinellcs faite par Anj,^e Sahini ; ollo fui publiée en 1751, sous le litre de : Lois criminelles du sérénissime fjouveniement de Venise. L'importance de ce volume consiste dans la sanction de l'autorité publique, ce <\\\\ manquait ar.x recueils antérieurs.
En 1780 on mit en vigueur, par ordre du Sénat, la compilation des lois féodales, rédigée pgr les soins de Laurent Mémo, et publiée dans Tannée même, sous le titre de Code féodal de la sérénissime République vénitienne.
Enfin, par les soins des cinq sages du commerce, on compila un Code pour la marine marchande de Venise, approuvé et imprimé en 1786; c'était une véritable loi nouvelle qui réglait la matière d'une façon complète et précise; en un mot, un code semblable aux codes modernes.
Il ne paraît pas que les surintendants à la compilation des lois se soient occupés de ces deux dernières collections, les meilleures cependant qu'on ait faites sous la République *.
^ Nous croyons opportun de donner en entier la distribution que cette collection fil des vieilles lois vénitiennes, le lecteur pourra ainsi avoir sous les yeux tout ce que nous avons dit à ce sujet.
« Novissimum statutorum ac venetarum legum voluinen duabus in » partibus divisum, Aloysio Mocenico Veneliarnm principi dicatum. )i Venetiis, typographia ducale Pinellana. »
Ce volume est distribué ainsi :
Dans la première partie,
Les cinq premiers livres du sérénissime prince Jacques Tiepolo, et le livre sixième du sérénissime prince André Dandolo.
Les statuts des juges -de pétition, par le même Jacques Tiepolo, fait l'an de grâce 1244, le 1(5 mars, indiction 2 dans l'heureuse ville