‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 258 sur 284 · CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE

textuellement : « Il semblerait fort sage de réduire les )) choses de manière, que les navires étrangers soient » admis à fréquenter le port de Venise, sans aucun » péage , permettant que ceux qui savent et qui peu- » vent faire le commerce, le fassent en pleine liberté. )) Le bien public doit se rechercher chez les sujets » comme chez les étrangers, surtout dans des temps, )) où il est si facile de l'obtenir de ceux-ci, et si diffi- )) cile que les autres le procurent, d Ainsi écrivait à des magistrats en 1671, Simon Giogalli ^.pjt son nom mérite d'être enregistré, pour avoir su discerner la vérité, à travers les nuages administratifs qui ofl\isquaient l'atmosphère, et avoir avancé la proclamation d'un principe économique d'une aussi haute importance.

Ce fut précisément à cette époque qu'on songea à faire de Venise un port franc. La question fut agitée en 1658, et en 1662; on fit des règlements dans ce sens; on supprima plusieurs droits, et plusieurs autres furent modifiés. Mais en 1682 les produits de la navigation étant presque nuls pour la douane , on supprima en 1689 la franchise du port. On essaya à plusieurs reprises, dans le siècle suivant , de revenir à un système de liberté qui, s'il eût été accueiUi dans des vues larges, serait devenu bienfaisant; mais les anciennes traditions y faisaient obstacle et finirent par triompher -.

^ L'écrit dont il est question, à la date du 27 août, était adressé, à ce qu'on croit, aux cinq sages du commerce. 11 vient d'être publié par M. Cicogna à Venise en 1856, avec une note du savant comte Augustin Sagredo.

^ On remarque d'importantes notices historiques, unies à de graves raisonnements économiques sur le port franc de Venise, dans les Relations de Jean Curoni, sur ces matières, insérées au tome IV des

.■)38 Di; F.A LKGISLATION lTAME?fNE,

V(;niso, nous l'avons dit, possfuJa uih; l»anque, dés les temps les f)lus reculés '. Pai- la suite, les maisons particulières de banque se multiplièrent dans la ville. Plusieurs riches patriciens, comme les Tiepolo, les Sanuto, les Conlarini. les Dolfin, les Gappello, les Badoaro, les Yandramin, les Garzoni, les Cocco, les Priuli, les Bernardo el les Lipomano s'étaient faits banquiers. Mais vers la fin du xvi" siècle toutes ces maisons étaient en décadence.

On vient de publier un document curieux, qui contient des détails précieux sur cette matière -. Sur cent trois banques qu'on disait avoir existé à Venise, vers la fin de ce siècle, quatre-vingt-seize faillirent, sept seulement réussirent. On songea donc à former une banque publique qui aidât les opérations des banques privées et ne courut pas les mêmes dangers.

^1 Lorsqu'il y aura une banque publique, h disait au Sénat Thomas Contarini , « les portes seront ouvertes , » les voies seront aplanies à toutes les branches de » commerce et de trafics qui peuvent se faire à Venise; » chaque industrie viendra avec facilité et empres- )) sèment traiter, passer des écritures et faire des

Inscriptions vénitiennes compilées et commentées par C. A. Cicogna, p. 391 et s.

1 En 1171. Dans l'ouvrage intitulé : Venise et ses Lagunes, on fait remonter la fondation de cette banque à 1157, mais on n'en fournit pas la preuve.

"2 <( Harangue de Thomas Contarini sur la création d'une banque » publique, développée devant le sénat el approuvée par délibération » de ce corps , prise le 28 décembre 1584. » Celte harangue est tirée du manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise 1756, par les soins de M. Jean Veludo, sous-bibliolUécaire.

Page 1