‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 262 sur 284 · CHAPITRE XV. — LOIS BE VENISE. 54o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — LOIS BE VENISE. 54o

» des corporations religieuses, si par une déclaration » expresse, on n'en exclut pas les jésuites; ceux qui ont » défendu les intérêts de la République, ne seront pas » inquiétés, et les deux ecclésiastiques détenus, grâce » au roi très-chrétien, et sauf le droit de la République » de poursuivre et faire punir les ecclésiastiques dé- » linquanls, seront consignés aux ministres du pon- » tife '. »

Après avoir communiqué le décret au cardinal et à l'ambassadeur d'Espagne, on fit la remise des prisonniers, conformément aux dispositions du même décret. Immédiatement après le sénat nomma un ambassadeur à Rome.

Que le cardinal de Joyeuse ait formellement levé en conseil les censures de Rome; c'est ce qui est affirmé par les uns et contredit par les autres, et de ce nombre est frère Paul. Ce qu'il y a de certain, c'est que la République fut considérée comme ayant reçu l'absolution du pape.

Les écrivains vénitiens vantèrent beaucoup la manière avec laquelle la Seigneurie traita et résolut cette longue et périlleuse controverse. Aujourd'hui une critique étrangère aux passions qui agitaient alors les esprits, incline à croire que les questions discutées ne se terminèrent pas dans un sens aussi favorable aux prétentions des Vénitiens, qu'on a voulu le faire entendre -.

* Abrégé de l'hisloire de Venise par Apostolo Zeno, etc. Venise, 18i7.

- Rankc, Histoire de la papauté, Uv. VJ, folio 12. Daru, Histoire de Venise, liv. XXIV, cilc une lellie du cardinal de Joyeuse. Le sali. 35

t)AC} I)K LA LKfiISLATION FTAMKNNK.

Comme nolro liisloiiv; ne comporL*! pas une relation étendue des faits qui ne sont [)as absolument importants et nécessaires, pour caractériser la marche de la lé(,nslation, nous n'aurons plus qu'à parler des symptômes qui précédèrent et accompagnèrent la chute de la République.

Dans la seconde moitié du siècle dernier, un sentiment d'incertitude et de malaise , quant à la condition politique, pénétra dans les classes les plus éle\ées des divers peuples de. l'Europe. De la France ce sentiment se répandait dans les contrées voisines. Les abus qu'on avait tolérés jusque-là, paraissaient insupportables; on chercha des remèdes; à défaut de moyens pratiques i on recourut aux théories. On se prononçait surtout *

contre toute espèce de pouvoir illimité et sans contrôle. A Venise ces questions furent mises à l'ordre du jour ; et lorsqu'en 1761 les inquisiteurs d'Etat firent subitement arrêter et mettre en prison Ange Quirini, avocat de la commune, pour avoir osé attaquer l'autorité de leur tribunal, il se fit un grand bruit. Plusieurs patriciens demandèrent et obtinrent qu'on élut chiq correcteurs de lois, à l'exemple de ce qui se pratiquait à la mort du doge, ou dans d'autres graves conjonctures, et changeant en partie le titre ancien de correcteurs des

vant M. Cicogna contredit cependant cette opinion. Voy. Inscriptions, etc., tome IV p. 4.33. Un savant consciencieux et éclairé à qui nous sommes redevables de plusieurs publications de documents très intéressants concernant particulièrement l'histoire de la République de Venise, M. Henri Cornet, a publié un livre remarquable sur le différend entre Paul V et la Seigneurie de Venise. Ce livre, imprimé à Vienne, en 1858, portant la date de 1859, a le titre suivant. Paolo V e la Repiiblica Veneta, gioniale dal 22 oltolre 1605-9, Giugno, i607.

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