‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 263 sur 284 · CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — LOIS DE VENISE

lois, en celui de Connecteurs des Conseils et Collèges, on fil clairement pressentir l'intention de réformer le conseil des Dix, d'où étaient tirés les inquisiteurs d'Etal. Cette tentative parut à plusieurs patriciens aussi audacieuse qu'illégale, parce que dans le chapitre ii de Vaddition récente ^ faite au capitulaire des inquisiteurs d'Etal \ on laissait, il est vrai, la faculté de proposer l'élection des Correcteurs, mais il était prescrit en même temps que les élus devaient comparaître devant les inquisiteurs d'Etat, présidés par le doge, et là, être avertis de ne rien proposer qui tendît à restreindre l'autorité du sénat ou du conseil des Dix. Le peuple qui voyait dans les inquisiteurs d'Etat , un frein à la toute-puissance des nobles , et par suite une garantie pour sa propre tranquillité , s'opposait lui aussi à ce changements

La proposition fut discutée et repoussée à une faible majorité.

La parole de Marc Foscarini rappelant l'exemple d'une atroce injustice commise envers sa famille par les inquisiteurs d'Etat ^, et cependant reconnaissant la

C'est un recueil de pièces importantes tirées de la bibliothèque impériale de Vienne, de la bibliothèque de Saint-Marc, du Musée Gorrer, et des archives des Frari de Venise. ^ Daru, Histoire de la république de Venise^ tom. VI, p. ilG

et s.

- Les inquisiteurs sont un mal nécessaire, écrivait de Venise l'ambassadeur de France à sa cour, le 3 mars 1762; « cet aveu n'est pas à l'honneur de la noblesse vénitienne, surtout delà pauvre, qui est la seule que Ton ait à régir ; mais il est vrai que si elle n'avait pas un frein, on ne pourrait vivre ici sous ces mille souverains. »

^ Le 21 avril 1622, le cadavre du chevalier Antoine Foscarini fut exposé sur la place de Saint-Marc. Le conseil des Dix l'avait fait

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ncrcsité de coiiservrr' à ce Irihiinal son nncionno auloril('', contribua plus (|iicloul aiilrcà fairo repousser la ino- (ion. Le peuple a|)plau(Jit à celle délibéralion, et, sortant selon sa coutume, des limites de la modération, assaillit les maisons de Zeno et de Malipicro, reconnus pour les principaux moteurs de ces réformes.

En 1779 et 1780 ', une réforme différente de la première fut proposée à l'instigalion de Dominirpie Gontarini, patricien de Venise, homme de sentiments élevés, qui, quoique né dans une condition de fortune assez humble, s'était rendu célèbre comme avocat.

On demandait des réformes en s'appuyant sur trois motifs : la cherté des vivres, la correction des mœurs,

l'abus des ministres.

I' On appelait ministres, à Venise, les officiers subal- f

ternes de l'administration et de l'ordre judiciaire.

La discussion, cette fois encore, fut très-animée; on crut un moment 'que les réformes allaient être accordées, mais il n'en fut rien -.

Gontarini fut réputé comme un novateur dangereux, Frédéric Foscarini lui reprocha de former une répn-

étrangler dans la nuit précédente, sous l'inculpation d'avoir révélé un secret d'Etat à un ministre étranger. On reconnut ensuite la fausseté de l'accusation et la mémoire de Foscarini fut réhabilitée.

' Même en 1774 on mit en avant une proposition de réforme, mais elle n'eut aucune suite importante.

^ Voy. Histoire des questions soulevées par une motion du N. U. messire Charles Foscarini, ainsi que des discours prononcés au grand conseil en 1780. A Venise, la première année de la liberté italienne (1797) chez Pierre Sola. Ce sont trois volumes in-S» anonymes, mais on sait que l'auteur en est le N. U. Marc Barbaro. N. U. ces initiales signifient ; Noble homme; c'était la désignation des patriciens.

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