CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC
dés les gouvernements de tous les temps et de toutes les nations.
Ces conceptions premières et complexes de Vico, nous les avons rapportées en nous servant de ses propres expressions. On verra par là sur quels fondements il s'appuyait, dans la recherche des bases de son système, et le lecteur pourra se faire une idée du style figuré, dont il y a des exemples chez d'autres métaphysiciens, mais que Vico adopta tout particulièrement, employant les mots dans des significations dont lui seul déterminait la valeur.
L'objet de deux ouvrages de Jean-Baptiste Vico fut de tracer les règles d'une justice universelle ^
Dans un troisième il formula l'histoire universelle du genre humain; c'est cet ouvrage qui sous le titre de Principii di scienza nuova^ acquit la plus grande célébrité ^
Vico crut donner une révélation synthétique, et il fît preuve d'une grande pénétration et, d'une grande richesse d'imagination, lorsque, avec un art critique, qu'il appela nouveau, il divisa les principes en deux catégories; l'une des idées, l'autre des langues. Il proposa une métaphysique du genre humain , de laquelle il fit découler une morale, et par suite, une politique commune à toutes les nations, sur laquelle il fonda la jurisprudence de l'humanité , variant pour certaines époques; il tira une foule d'autres déductions qui n'ont
* De universi iuris uno principio et fineuno, Naples, 1720. De constantia iurisprudentis. Naples. 1721. Notœ in duos libros. Naples, 1722.
^ Principes de la science nouvelle sur la nature commune des nations.
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pas de rapport dirccl avec le sujet de nos études. Dans les efl'ets résultant de la (Jécuuverte de l'origine des langues, Vice trouve certains principes communs à toutes ; et, en parcourant ses ingénieuses investigations, on regrette qu'il n'ait pas eu le secours des monuments, des doctrines, de tout ce dépôt enfin de connaissances indo-orientales, à l'aide desquelles on aspire aujour- 'J
d'hui à résoudre les problèmes de l'histoire la plus reculée de l'humanité.
Le point le plus essentiel de Touvragc de Vico , est l'histoire idéale, éternelle, fondée sur l'idée de la Providence, qu'il montre dans tout l'ouvrage, comme ayant réglé le droit naturel des gens. C'est sur cette histoire éternelle que se déroulent dans la suite des temps toutes les histoires particulières des nations, dans leur naissance, leurs progrès, leur apogée, leur décadence et leur fin. Il distingue ensuite le droit naturel des nations né avec les mœurs nationales, du droit naturel des philosophes, entendu par ceux-ci d'une façon simplement rationnelle et sans qu'ils y distinguent, par un privilège quelconque, un peuple élu de Dieu, pour conserv^er son culte véritable que toutes les autres nations avaient oublié.
L'esprit élevé et reUgieux de Vico se complut dans son système, au point que, à la fin du récit de sa vie, il se consolait en disant que : « Grâce à la religion ca- » tholique, il avait procuré à l'Dalie l'avantage de n'a- » voir pas à envier à la Hollande, ni à l'Angleterre, ni ^ à l'Allemagne protestante , leurs trois principes de » cette science, etc. '. »
^ Vie de Jean-Baptiste Vico écrite par lui-même en tête des principes de la science nouvelle. Milan, 1816, p. 68.