‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 274 sur 284 · CHAPITRE XIV. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC

Vico ne reçut aucun encouragemenl de ses contemporains , et il eut (le la peine à faire accepter ses ouvrages par les libraires. Il eut d'abord peu de lecteurs, et moins encore d'admirateurs. On ne cite que trois hommes de renom qui lui accordèrent une estime particulière ; ce fut Jean Leclerc, savant journaliste hollandais , Gravina et le cardinal Laurent Gorsini , devenu pape sous le nom de Glément XII , qui accepta la dédicace de la première édition de la Science nouvelle.

La gloire de Vico fut donc une gloire posthume, peutêtre la meilleure de toutes. Au commencement de notre siècle , ses livres furent beaucoup lus , mais pas assez compris par la foule des lecteurs. On ne saurait dire que ses doctrines aient eu de l'influence sur les progrès des sciences sociales et du droit public, mais il réveilla les esprits et les lança à la recherche des vraies bases fondamentales de la société civile, et dans l'examen critique des divers régimes politiques. Sa Science, dironsnous, en nous servant des propres expressions de Vico, (( procède par une analyse sévère des pensées humai- » nés, sur les besoins de l'humanité ou l'utilité de la » vie sociale, qui sont les deux sources permanentes )) du droit naturel des gens '. »

"^ Nous ajouterons la traduction du jugement porté dans ces derniers temps sur Vico par un savant allemand.

« Vico démontra (1725 à 174-4) dans la Science nouvelle que, dans » le développement organique de certaines époques qu'on rencontre » dans l'histoire politique et sociale de chaque nation, il y a la preuve " du gouvernement moral du monde, et une manifestation d'ordre, de » justice et de progrès plus forte que tous les arguments à priori qu'on » pourrait faire valoir.

« Celte idée directrice est plus importante pour la philosophie de

riOH l)K LA LKGISLATION ITALIENNE. 1

D'nn autour de conUiinplalions ahsiraitos, avant vôcu pauvre et i^moré, l'ordre des terri f)s nous porte à parler |

d'un écrivain né et grandi dans l'opulence, et qui, par un petit nombre d'ouvrages d'un caractère positif et remplis d'opportunité, fit impression, non seulement dans son pays, mais dans toute l'Europe. Dès le commencement de cette histoire, devançant l'ordre chronologi<|u<!, nous avons fait l'éloge du marquis César Beccaria-Bonesana. 11 n'est donc pas nécessaire de revenir sur ce qui a été dit; nous ajouterons seulement que le livre de Beccaria cherchait à mettre en harmonie les règles du droit pénal avec les principes de la philosophie, ou, pour mieux dire, du bon sens. Son travail ne tend qu'à détruire les préjugés, et si parfois les conclusions auxquelles il est conduit peuvent paraître exagérées, c'est qu'il subit l'influence de la rigueur des principes d'où il est parti.

La liberté de penser de Beccaria émut profondément le gouvernement vénitien; croyant y entrevoir une allusion aux accusations secrètes que recueillaient les inquisiteurs d'Etat, ce gouvernement défendit sous les peines les plus sévères, l'introduction du livre des Délits et des peines dans le territoire vénitien, et fit tout ce qu'il put pour le dénigrer K

Pour compléter le tableau du progrès scientifique de la législation pénale, il faut la montrer telle qu'elle

I) l'histoire, que toutes ses recherches particulières, mêlées de » fables et d'inventions, et dont peu offrent quelque intérêt histo- » rique ou philosophique. »

Hippolytus and his âge, etc. by Christian Charles Josias Bunsen. Londres, 1852, vol. II, p. 2.

^ Camille Ugoni, De la littérature italienne dans la seconde moitié du XVIII^ siècle, œuvre posthume. Milan, 1856.

Page 1