‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 276 sur 284 · CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — ÉTUDES SUR LE DROIT PUBLIC

roi de Sardaigne, publiées peu d'années après, c'està-dire en 4770, et empreintes d'un tout autre esprit *.

Il y a déjà quelques années, un publiciste piémontais^ disait : « Celui qui voudrait déterminer l'époque par » les dispositions du code pénal du Piémont, indique- » rait pour le moins le xv^ siècle, et il serait fort sur- » pris de voir qu'il fut fait en 1770, et dans un pays » des plus civilisés parmi les peuples de l'Italie. »

Il n'est donc pas étonnant que les écrits de Beccaria, inspirés par une philosophie inconnue au barreau, adressés à l'opinion publique plutôt qu'aux conseillers des princes, produisirent la sensation profonde dont nous avons parlé. Beccaria avait l'esprit actif et la main paresseuse. Les grandes pensées qui bouillonnaient dans sa tête n'auraient peut-être jamais été pubHées si Pierre Verri n'avait contraint son ami à s'associer à lui, tandis qu'il rédigeait ses observations sur la torture. Dès lors ces deux noms ne doivent plus être séparés quand on parle des progrès de la législature criminelle^

L'ouvrage de Beccaria trouva son continuateur dans celui de Renazzi , qui fut considéré comme un

' La réforme de la législation criminelle de Léopold, qui olilint tant de célébrité, est du 30 novembre 1786.

^ L'avocat Gambini ; on a de lui imprimés , mais toujours anonymes, plusieurs ouvrages de législation pénale et de matières économiques. ;

Celui que nous venons de citer, est encore manuscrit. Il porte le titre : Du Piémont et de ses lois, et se reporte, pour les faits, à environ le milieu de l'année 1817.

^ Voy. L'intéressante lettre de Beccaria publiée par César Cantù, p. 492-93 de son livre, VAbbé Pari ni et la Lombardie au siècle der^ nier. Milan, 1854.

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L'im[)ulsion donnée îiux réformes utiles par Charles de Ijouii)on, secondé avec énergie et persévérance par son ministre Bernard Tanucci, fit éclore à Naples, dans la dernière moitié du xviiie siècle, plusieurs écrivains qui s'cftbrçaient par leurs études de servir à la marche des aiïaircs |)ubliqucs. L'économie politique n'cnl pas en Italie d'école plus ancienne et plus florissante que celle fondée à Naples par Barthélémy Interi, et confiée aux soins d'Antoine Genovesi ^

L'histoire de l'économie politique nous apprend que celte science fut cultivée avec prédilection par les Napolitains; témoins, Serra, Turbulo, Broggia, Galiani, Briganti, Cantalupo, Caracciolo, Palmieri et Delfico. Dans ce nombre, le marquis Dominique Caracciolo et le marquis Joseph Palmieri siégèrent dans les conseils de la Couronne, et acquirent une grande renommée par leurs vertus civiques et leur amour pour le bien publie. Mais aucun d'eux n'atteignit la réputation de Gaétan Filangieri, auquel nous devons un grand travail sur la science de la législation, ouvrage qui témoigne de la sincérité des intentions et de la hauteur des vues de l'auteur, plus encore que de la justesse

^ Voy. Carmignani ; Histoire des origines et des progrès de la [hilosophie du droit. Lucques, 4851, vol. IV, p. 20l-

^ Genovesi était aussi un grand publiciste, car son livre intitulé : La Diceosina ou de la philosophie du juste et de r honnête, mérite d'être lu attentivement par quiconque s'occupe de l'étude des règles fondamentales do la société. La vivacité et l'originalité de la pensée, jointes à un grand amour du bien public, recommandent tout particulièrement cet ouvrage.

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