CHAPITRE XVI. — ETUDES SUR LE DROIT PUBLIC
)) lion, ainsi qu'on voilait autrefois les statues des » dieux. »
Dans le quatrième livre, il est question des lois qui concernent l'éducation, les mœurs et l'instruction publique. C'est ici que se dilate l'âme généreuse de Filangieri, et que sa confiance s'élève au point de proposer un plan d'éducation publique pour toutes les classes de l'Etat, en dirigeant l'amour-propre individuel, et en introduisant ainsi « la vertu au milieu des ri- » chesses des modernes, par le même moyen que les » anciens législateurs l'introduisirent dans la société » ancienne. ))
Suivant ensuite sa pensée « d'analyser distinctement » tous les anneaux qui composent la chaîne mystérieuse » avec laquelle la législation doit mener les hommes au » bonheur, » notre auteur destinait le livre cinquième à la déclaration des principes d'après lesquels doit être réglée la partie de la législation qui concerne le culte et la religion des peuples.
La première partie de ce livre, qui forme le huitième volume de la première édition de la Science de la législation, était achevé lorsque Filangieri fut surpris par la mort.
De la partie inachevée du cinquième livre, et des deux livres suivants, nous ne possédons que le sommaire indiqué dans le plan raisonné de l'ouvrage, inséré dans l'introduction. Ce plan nous apprend que le sixième livre devait spécialement embrasser tous les droits que l'homme a de disposer d'une chose, à l'exclusion de qui que ce soit ; droit que l'auteur appelle la propriété. 11 se proposait de démontrer combien
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(j(!ii (le lois il laiidraii, pour ^^aiaiilir* la jjrcjjjriétô (ic.^ violences el des errihùches auxquelles elle est exposée.
Le septième livre enfin devait contenir un essai succinct sur les lois (pii concernent la puissance paternelle et le bon orcJnî dans les familles, et l'auteur se proposait d'y établir la nécessité fi de relever l'édifice » de la puissance paternelle , (pie les anciens législa- » teurs avaient trop étendue, et qu'une injuste méfiance )) avait par la suite presqu'entièrement détruite. »
Nous nous sommes étendu dans l'exposé de l'ouvrage de Filangieri , parce qu'on doit toujours tenir compte des efforts d'un grand penseur, qui essaie de démontrer les vérités qu'il croit les plus utiles, el qu'on ne doit jamais refuser de la sympathie à la candeur qui apparaît dans chaque page écrite par cet auteur.
Quoique pourvu d'un mérite incontestable, ce livre a produit peu de résultats. L'école de Filangieri n'existe pas, ou elle se confond avec celles des philosophes, qui accrédités par le suffrage de leur conscience, pensent pouvoir corriger le monde au gré de leurs désirs el avec la force de leurs raisonnements.
La colonie de Saint-Leucio, fondée près de Caserte, par le roi Ferdinand IV, régie par des lois conformes aux théories de Filangieri , el d'autres jurisconsultes philosophes, n'eut ni un développement ni des qualités assez durables pour rattacher son existence aux principes philosophiques qu'elle paraissait destinée à représenter ' .
^ Un jugement opposé au nôtre sur la colonie de Sainl-Leucio a été porté par le général Colletta clans le liv. Il, chap. Il, num. 33 de son Histoire de Naples. Il nous semble que bien qu'on puisse accorder