‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 279 sur 284 · CHAPITRE XYI. — ETUDES SUR LE DROIT PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI. — ETUDES SUR LE DROIT PUBLIC

Loin de rappeler l'expérience pratique des publicistes modernes, l'ouvrage de Filangieri nous ramène aux tentatives des philosophes anciens pour réformer les Etats. Tous lui sauront gré des intentions nobles et généreuses qu'il a exposées; bien peu espéreront y trouver les moyens de les mettre en pratique dans la société civile.

Elevé à l'école de Vico et de Beccaria, Marius Pagano a parlé de la formation de la société civile, et dans ses essais politiques il a suivi, en s'arrêtant à une foule de considérations physiques, la marche par laquelle l'humanité est arrivée à la condition sociale où nous la voyons aujourd'hui. « L'objet de ces études, » dit-il, « est de présenter au lecteur un cadre des origines et » de la formation de la société, de son progrès et de sa » décadence. Il y verra comment la race de tant d'ani- » maux habitant la terre, s'est réunie et a formé tant » de corps moraux. Il y verra comment, la force a été )) la première fondatrice des sociétés et des Etats civils » séparés; comment elle les a conservés et leur a fait » prendre des formes et des constitutions différentes '.»

Quelque ingénieuses que soient les investigations marquées par Pagano, quelque imagé que soit son style, quelque riche que soit son érudition classique, on ne peut pas dire que les Essais politiques qu'il a

des éloges à ceUe colonie comme établissement d'industrie, son exemple cependant ne doit pas être considéré comme important pour le progrès de la législation générale.

^ Saggi politici de principi , progressi e decadenzn délia societa, par François Marius Pagano, deuxième édition. Naples, 1792, lom.l, p. XII.

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publiés aient produit un efïel duralile sur les éludes politiques el lé<ri.slaliv«îs.

Bien plus utile fut, à notre avis, un tout petit volume d'un genre très différent, écrit par Pa^^'lno, contenant ses Consldéralions sur le procès criminel. Ce livre destiné à produire une réforme dans la procédure criminelle à Naplcs, peut être considéré comme un corollaire et un supplément au système de Beccaria.

Se fondant principalement sur les exemples de l'ancienne procédure romaine et sur les usages encore en vigueur chez les Anglais , l'auteur démontre l'utilité pratique du changement qu'il indique, et son ouvrage est digne d'être imité partout où il y a des réformes à faire. C'est à ce litre surtout qu'on peut placer Pagano parmi les écrivains de la science de la législation.*

La Toscane eut l'honneur de posséder un enseignement spécial de droit public, alors que ces doctrines étaient considérées dans plusieurs Etats de l'Italie comme des instruments cachés du gouvernement. Dès Tan 1726 ', l'université dePise posséda une chaire pour cette branche d'enseignement, et elle eut le bonheur de la voir occupée par un homme d'un mérite remarquable. Pompée Neri.

Ce fut aussi un grand honneur pour la Toscane d'avoir vu naître dans son sein quelques hommes, qui se

^ Cette chaire futcréée par Jean Gaston, dernier souverain de ia famille de Médicis. Si dans d'autres pays, l'enseignement public se taisait sur les rapports de la jurisprudence avec le droit public, si on n'avait que de vieilles doctrines sur ce sujet, il ne manquait pas cependant d'esprits d'élite qui suggéraient des remèdes contre ces erreurs, si on eut voulu les écouter.

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