‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 4 sur 284 · CHAPITHE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

CHAPITHE I. — CONSIDÉRATIONS SUR L'ÉTAT DE L'ITALIE

furent l'œuvre de Fassocialion, Elle aflranchit les ci* loyens de l'oppression féodale, elle créa le commerce. L'amour de l'association fit naître et développa une sorte de gouvernement qui, occupé d'abord de l'intérêt particulier de ceux qui exerçaient un métier, s'accrut peu à peu, et dans certaines contrées, comme à Florence, usurpa et retint la souveraineté. Les arts, les paratisi ou compagnies franches, ou confréries plus ou moins grandes d'artisans, se distinguaient par des de^ grés d'une importance propre, avaient leurs officiers propres, leur drapeau particulier, autour duquel se réunissaient en temps de troubles et de guerres, tous ceux qui s'étaient enrôlés pour le défendre. La forms régulière des arts est pour le moins aussi ancienne que le développement de l'autonomie communale en Italie. Ce fut dans un sens plus large mais d'après les mêmes principes que se formèrent les constitutions des peuples connues sous le nom de Compagne, qui rappellent les Guildes germaniques, et dont nous parlerons encore en traitant des statuts de Gênes K

^ Ce serait un sujet d'études profondes que i'examen de l'influenco énorme que l'industrie et le commerce exercèrent sur l'organisation politique de l'Europe. On a déjà beaucoup parlé de cela, mais la matière n'a pas été étudiée suffisamment dans toutes ses parties. Dans le premier volume, nous avons indiqué la différence qui existe entre la Molla et la Guilde germanique. Nous ajouterons maintenant quo la constitution des Guildes ressemble parfaitement à celle des arts. On voit dans les documents germaniques des Fraîernitates d'artisans, de citoyens et de nobles, c'est-à-dire de vraies Guildes. Parmi celles-ci il y en avait de grandes et de petites. Dans certains pays, les Guildes formaient le corps souverain de l'Etat. Le nombre des Guildes variait selon les lieux. Toutes ces qualités se rencontrent dans les arts.

Voy. sur les Guildes le Spécimen hisioîico-iuridicum de iure et modo quo in urbe Hheno-Trmectina ante cmnum MDXXVIII elige-

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Florciic.r, ;i^il(M' [niv Icsparlis <•! iiMihilr* dans ses lois, sut (:r'|)fMi(l;inl ronsfMvnr* sa li[)orl('; plus longlornps (\u(t l(;s i'<''piil)li(jiK's (le la I.ornhardic. Elle avait cssayô de la tyrannie du duc (rAllièncs, oA elle avait connu les danpfors d'un pareil rép:iine. Elle préféra donc l'agitation et les oscillations des partis à une servitude Irancpiille. Mais plus tard elle ne [)ut échapper au sort qui était échu à Milan. En effet, au xv^ siècle, l'habileté prudente, les l'icdiesses de Cômc-le-Vieux des Médicis, la haute intelligence deLaurent-le-Magnifique,son petit-fds, fondèrent une domination qui dura plus longtemps que celle des Torriani et des Visconti. Quels qu'aient été les efforts des beaux-arts et d'une littérature servile pour couvrir les turpitudes de cette dynastie, la veridique histoire en transmettra à la postérité une juste accusation, une condamnation méritée *.

Venise, plus ferme dans ses institutions, mieux obéie [)ar toutes les classes des citoyens, privilégiée d'une situation unique, donna au monde l'exemple d'un gouvernement qui dura environ mille ans, sans se laisser affaiblir par le cours de tant de siècles. En recherchant les causes d'un sort si au-dessus de celui des autres républiques italiennes , nous rappellerons ce qu'en pensait Machiavel - : « qu'il n'y avait pas dans » cette ville des gentilshommes, c'est-à-dire des ci- » toyens possédant des châteaux et des juridictions au

bantur ii quibus in regenda civitate partes erant, de Louis Henri Van Asch Van Wijek. Utrecht 1839.

^ Nous parlons ici des premiers princes de celte maison. A partir de Ferdinand l^^', leur gouvernement s'améliora.

2 Discours 55« sur la première décade de Tite-Live, liv. I.

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