CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR l'ÉTAT DE l'ITALIE. i
» dehors, parce que les gentilshommes qui , à son » avis, étaient plus de nom que de fait, avaient peu de » revenus fonciers, leurs richesses consistant en valeurs » commerciales, et en biens meubles. » Cela veut dire, selon le langage de nos jours, que le gouvernement était compacte et solide, qu'il y avait unité de vues et qu'il n'y avait aucune crainte que la puissance privée l'emportât sur l'intérêt public.
Ainsi la loi politique fut respectée à Venise. Le gouvernement sagement équilibré, était tel que, vers la fin du XY^ siècle et le commencement du xvi^, au tejnps où les autres gouvernements libres de l'Italie ^ étaient prés de crouler, le peu d'hommes sages qui restaient, recommandaient à tout prix l'imitation des règlements vénitiens.
Les sectes et les partis se partageaient les familles et les cités entières, et contribuaient à enflammer les colères au sein des républiques. Si Ton en excepte Venise, qui se maintint pure de cette peste, on ne compte pas parmi les cités libres de l'Italie, une seule dont la population ne fût divisée par l'esprit de parti et de faction. Mais cela ne suffisait pas, une division générale, un système, dirons-nous, dominant et permanent devait s'établir en Italie, et y durer pendant les trois siècles dont nous parlons. Nous avons désigné les Guelfes et les Gibelins. Nous ne nous arrêterons pas à rappeler ici l'origine de cette division , notre sujet ne l'exige pas i. Les noms vinrent d'Allemagne et furent
^ Les factions des Guelfes et des Gibelins ont fourni Finspiration et le titre d'un livre publié en 1858, à Paris, par M. J. Ferrari.
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iii.illiciircusf'iiK'rit iidoph'ïs (tn llali(\ Ia'S jt.'nlisans (io l'K^liso s'nppolùrcnt Guclfi.'s, ceux de l'Kinpiro Gibelins. Tel l'iit le commencement de ces divisions générales dans les o[>inions, mais les partis intérieurs des cités n(î lardèrent f)as à profiter du prestige d'un nom pour se procurer des adhérents et rendre les vengeances cruelles. C'est ainsi qu'on croit que les Italiens entendirent prononcer ces noms pour la première fois à Pistoie, lorsque les Cancellieri chassèrent de celte ville les Panciatici. Nous ne nous arrêterons pas à raconter les changements d'état, ni les massacres auxquels se livrèrent ces partis. Les histoires * et les nouvelles en sont remplies, bien que dans ce grand nombre, le temps nous ait enlevé celle qui, si elle n'eût pas été la plus impartiale, eût été à coup sûr la plus illustre; nous voulons parler de l'histoire des Gibelins et des Guelfes de Dante, qu'on lisait encore au xiv^ siècle -. Il nous importe maintenant d'examiner comment celte division s'insinua, comme un tempérament régulier, dans la constitution politique des cités italiennes.
Le but primitif de chacun de ces partis était souvent oublié, et l'on voyait des Guelfes peu attachés à l'Eglise et des Gibelins combattant l'Empire. Ce qui ne disparaissait pas, c'était la division des esprits et des forces ^ et comme mille causes diverses semaient la
Histoire des révolutions cVIlalie, ou Guelfes et Gibelins. -4 vol. in-S».
Dans la sixième partie de cet ouvrage , l'auteur traite de Forigine des deux sectes, de la coexistence des Guelfes et des Gibelins dans chaque ville, et de la ré.iclion pontificale contre les deux sectes.
* Muratori, Anfiquit. med.^ œvi, dissert. 51 .
^ Voy. Mar. Filelfo : Perticari dell' amor patrio di Dante p. 233.
•^ Ainsi dès le comnieacement de 1300, Graziolo Banihaginoli,