‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 40 sur 284 · CHAPITRE III. — DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DROIT CANONIQUE

s'agit de celle concernant les personnes qui , étant exemptes de la juridiction ordinaire, commettaient une contravention dans un lieu où elles ne jouissaient pas de cette exemption, et qui, dans ce cas, devenaient justiciables du tribunal ordinaire K

Lorsque pour mettre un terme à la vacance trop prolongée du siège pontifical , les cardinaux élurent pape Théobald Visconti , qu'ils durent faire venir de Saint- Jean-d'Acre où il s'employait au service de la chrétienté, on comprit que le nouveau pape apporterait une ardeur toute nouvelle à la délivrance de la Terre-Sainte. Cela ne manqua pas. Ce pontife, qui avait pris le nom de Grégoire X, dans le concile qu'il assembla à Lyon en l^?^, entreprit de réunir l'Eglise grecque avec la latine et de recueillir de nouveaux subsides pour la délivrance des lieux saints.

Mais ce qu'il ftuporte le plus de mentionner dans notre histoire, c'est que ce fut dans ce concile qu'on régla le mode de procéder à l'élection du souverain pontife. Et comme c'est un sujet de haute importance, le lecteur ne sera pas fâché que, dans l'exposition que nous allons en faire, nous remontions un peu dans le passé, afin de mieux faire comprendre les usages qui se sont introduits depuis.

Anciennement les évêques étaient élus par tous les autres évêques de la province avec le concours du clergé et du peuple^; et c'était ainsi qu'on élisait autrefois les papes. Mais lorsqu'eut lieu l'élection de saint

^ Cap. I. De privilegiis, in 6.

* Gela se lit clairement détaillé dans l'épître 68 de S. Cyprien,

80 I)K LA LhGISLATION ITALIENNE.

Darnase, lo scliisnie soulevé par IJrsin donna Vuiuk l'empereur (J'inlorposer son autorité. Ce (pjc lit Valontinien pour concilier ces deux prétendants, fut imité par Honorius dans les rivalités entre Bonilace V^ et Eulalius, et à l'exemple de l'empereur, Théodoric, roi des Goths, s'interposa entre Symmaque et Laurent. Par la suite, Justinien ayant recouvré l'Italie, ne permit pas qu'on reconnût aucun pontife sans son approbation, et cet usage se maintint jusqu'à Constantin III Pogonat ', qui, aux instances de Benoît II, laissa au clergé et au peuple romain liberté absolue d'élire les papes.

Le récit que fait Graticn dans le canon 22 de la 63^ Distinctioii, sur le droit d'élection du pape conféré à Charlemagne par Adrien et le concile de Rome, n'est pas assez fondé en certitude historique - pour que nous y voyions l'attribution d'un droit. Louis-le-Débonnaire, par un diplôme plus digne de foi, et reconnu par les partisans de la liberté ecclésiastique , déclare que les Romains sont libres d'élever au siège pontifical telle personne qu'ils voudront élire, sans autre condition que d'envoyer, après la consécration du pontife, des ambassadeurs aux rois des Francs, pour en obtenir amitié et bonne entente ^

Pendant les scandaleuses et sandantes luttes entre

^ Les papes ne supportaient pas^avec résignation cette sujétion, et saint Grégoire-le-Grand la qualifiait de tyrannique in Comment, ad psalm. ï pœnit.

- Voy. à le sujet les commentaires de Berardi, Graliani canones genuini ah npocryphis discreti, etc. pars 2, caput 71 De Hadriano. Déjà dans le premier volume de celte histoire, nous avons relaté ce fait d'élection atlriimée à Charlemagne.

•^ Berardi, L. C.

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