II. G
82 I)K I.A LKOISLATION ITALIKNNE.
universelle, et un prince au seul trùne électif qui existe dans le monde civilisé.
Le concile j^^énéral convofjué à Vienne en Daupliiné en 1311, fit plusieurs règlements qui se lisent dans les Clémentines de Clément V. L'un de ces règlements est digne de remarque : il a trait à l'usure dont nous pailerons dans le chapitre suivant.
Dans ce même temps fut exécute un célèbre et sanglant jugement, l'abolition de l'ordre des chevaliers du Temple. Bien des siècles se sont écoulés, et le stigmate de l'injustice s'attache encore à cet événement malheureux; la cupidité et la vengeance des accusateurs furent, paraît-il, plus puissantes que l'innocence des accusés; les vices et les erreurs d'un petit nombre causèrent la ruine de plusieurs. Il est certain que des hommes graves, contemporains du fait, le déplorèrent au lieu de l'approuver, ainsi fit notre chroniqueur Guillaume Ventura ^ ; que de saints écrivains rappellent avec émotion cette fin sanglante -; que les plus grands jurisconsultes de l'époque, tels qu'Albéric de Rosate , considérèrent comme une injustice l'abolition de l'ordre entier 3.
1 R. J. S. lom. II, p. 192, 193.
2 S. Antonin, in o parte historiali, tit.XXI,ch3p. l, § 3, fol. 92, p. 2. ^ Albcricus Rosate, Diclionarium jur. tam civilis quani canonici ad
verb. Templarii.
« Templarii : erat magnus ordo in ecclesia, et erant milites strenui ;) B. Marice, et destructus fuit ille ordo tempore démentis papae V, « ad provocationem régis Francise. Et sicut audivi ab uno qui fuit » examinator causse et testium, destructus fuit contra justitiam, » et mibi dixit quod ipse Clemens protulit hoc : Et si non per viam » justitiœ polest deslrui, destruatur tamen per viam expedientise , ne » scandalizetur carus tllius noster rex Francise. »