‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 43 sur 284 · CHAPITRE lii. — DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE lii. — DROIT CANONIQUE

Il serait donc difficile aujourd'hui d'avoir une opinion exacte sur ce sujet. Mais si nous recourons à la critiquederhistoire,nousaurons encore de plus grandes raisons de douter de l'équité de ce jugement ^ Les cruautés deviennent plus odieuses et s'impriment davantage dans les esprits, lorsqu'elles se couvrentdu manteau des formes judiciaires; la répugnance de ces formes pour les projets iniques en accroît l'horreur, et l'idée de l'assassinat judiciaire est comme une tache de sang qui ne s'efface jamais dans la tradition des peuples. Ainsi on se rappelle encore le procès des Templiers, tandis que des massacres plus grands encore sont tombés dans l'oubli des temps.

Dans le cours du xiv^ siècle , on ne tint plus aucun concile général; mais il se fit une grande innovation , devenue depuis la source d'âpres controverses ; Jean XXII et Boniface IX imposèrent VAiinate -. C'était fobligalion pour quiconque était investi d'un bénéfice, de payer au fisc pontifical la moitié du revenu de la première année. Dans le cours du siècle précédent, on avait créé un autre tribut, qui par la suite fit grand bruit : il s'agissait du droit sur les dépouilles.

^ Le passage suivant de Leibnitz est remarquable : « Nota est ce- » leberrimi Templariorum ordinis eversio per conspirationemClemen- ') tis V papse, et Philippi Pulchri régis Galliae, qui bonis eorum inhia- » bat. Acta quse ex scriniis Puteanorum fratrum prodiere satis osten- » dunl quam violenter et prseter juris ordineni cum iis actum sit; » qua de re nuper (Voy.Gl. NicolausGurllerus fusius egit, etc.). » G. G. Leibnitii opéra omnia, tom. IV, part. 2, p. 45.

^ Nous donnons ici l'opinion commune des historiens et des canonistes, mais il faut dire que quelques-uns , parmi lesquels Pierre de Marca, De concord. sacerd. et imperii, lib. VI, cap. x. font remonter plus haut cet impôt.

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Ce droit |)iit naissance dans les monastères, où les pécules laissés par les moines à leur décès, étaient acquis aux supérieurs. A l'imitation de cette pratique, on établit que les pécules laissés par les prêtres a[)partenaient aux évoques, et ceux des évéques au pape '.

Au commencement du xv^ siècle, les événements se présentaient d'une manière menaçante pour le Saint- Siège. L'Eglise était déchirée par les discordes des divers prétendants au siège de saint Pierre. Le concile de Pise où s'étaient réunis en 1409 les cardinaux des deux partis, désespérant, comme dit Muratori -, de mettre d^ accord Grégoire XII et Benoît XIII, les déposa tous deux, et élut pape le cardinal Pierre Filargo de Candie qui prit le nom d'Alexandre V. Mais cela ne fit pas disparaître le schisme, au contraire, Alexandre étant mort peu de temps après son élection , et ayant été remplacé par le cardinal Balthasar Cossa, sous le nom de Jean XXIIl, la confusion s'accrut au point que, sur l'ordre de ce dernier, un concile général s'étant assemblé à Constance, on y déposa les papes Jean et Benoît XIII, on accepta la démission de Grégoire XII, et on éleva à la tiare le cardinal Octavien Colonna qui prit le nom de Martin V.

A Constance on vit la plus nombreuse assemblée qui ait jamais représenté l'EgUse universelle. En effet il s'y réunit trois-cent-quarante-six cardinaux, archevêques et évêques, cinq-cent-soixante-quatre prélats inférieurs et docteurs , et environ mille six cents princes et seigneurs laïques.

^ Flcury, Instit. iur. eccles., part. 5, cap. XXIV, num. 5, ■• Annales de l'Italie.

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