CHAPITRE V. — LÉGISLATION DES STATUTS
Libei' iuris civilis civitatis Veronœ, furent compilés en 1228 '. Ce n'était pas une première formation de statuts, mais bien une réforme et une coordination de coutumes plus anciennes, ce qui faisait dire au célèbre Scipion Maffei : // se^mit difficile de montrer une plus ancienne coiwpilation, puisque la dernière addition faite à celle-ci remonte au podestat Gortenova en 1228 -. Et cette compilation était l'œuvre de députés dont le conseil général de la commune devait confirmer les travaux ^ Les ordonnances faites à différentes époques et recueillies ensuite dans ce livre, se rapportent à plusieurs événements politiques de ce temps-là , et l'on peut y voir comme le miroir des nombreuses discordes qui déchiraient alors les contrées lombardes. Prenons-en un exemple dans l'art. 259 de ces statuts, intitulé De co7ispirationibiis et rassis ^ desiruendis. On y recommande aux magistrats de la commune, d'apporter tous leurs soins à détruire les factions^ les attroupements^ les complots, les conspirations et les sociétés formées par Rizardo comte de Saint-Boniface et les Mantouans, par le marquis Azolino et les habitants de Camino, ainsi que par les Montaigus et leurs adhérents, dits les
Quatre-Vingts (quatuor viginti) et Ezelin et Albéric de
^ Ces statuts furent publiés par Compagnola, d'après un manuscrit qu'on conserve dans les archives capitulaires , et qui fut rendu authentique par un notaire public de l'époque.
^ Vérone illustrée, liv. II.
^ Dans le statut de Vérone, chap. I. Secundum quod continehUur in postis {posta y c'est-à-dire, pars posita, règlement) ordinatis ab mis qui electi fuerint in postis statuendis et per consilium publicum communis Veronœ ad sonuin campanœ coadunatum confirmandis.
'* Rassa signifie faction.
132 1)K LA LKdlSLATION ITALIENNE.
Homano cl los habitants de Viccncc, et par ceux des Monlaigus qui étaient unis avec Salinguerra, podestat de Ferrare, Boniface, marquis d'Esté, le comte de Tirallo et les habitants de Trente. La série des noms indique assez celle des partis.
Pour réprimer ces factieux on avait fait choix de l'amende pécuniaire, parce que dans des circonstances où l'argent faisait défaut, ces hommes accoutumés à donner et à recevoir des coups sans miséricorde, craignaient plus une peine pécuniaire qu'une condamnation corporelle.
Il est bon qu'on sache que le peuple véronais se divisait en trois grandes classes : la première celle des juges et des chevaliers; la seconde des notaires et écrivains publics ; la troisième comprenant les fantassins (pcdites); et la mesure de la peine était réglée selon les classes.
La contravention aux statuts était punie de deux cents livres pour le délinquant de la première classe; de cent pour celui de la seconde, et de cinquante pour celui de la troisième.
Mais les peines pécuniaires ne réussirent pas à apaiser ces furieux. Frère Jean de Vicence seul y parvint par son fameux accord dont nous avons parlé dans le premier volume.
Au milieu du xiii^ siècle, en perdant son indépendance poHtique, Vérone vit disparaître l'importance de sa législation.
En tournant nos regards vers la Toscane nous voudrions avant touX parler des statuts de Pise dont la célébrité égale l'ancienneté. Nous nous attacherions