CHAPITRE V. — LÉGISLATION DES STATUTS
surlout à faire ressortir rimporlance des deux grandes divisions qui les caractérisent, le Constitiitum legis et \e Constitiitum usiis ^ documents qui ne manqueraient pas d'éclairer tout ce que nous avons dit touchant la nature primitive des statuts des communes. Il nous est cependant impossible de remplir convenablement ce vide, puisque le volume qui contient cette partie si importante de la législation de Pise n'a point encore paru dans la publication entreprise par le savant professeur Bonaini *.
On cite quatre compilations de statuts que publièrent les Florentins pendant qu'ils étaient soumis au régime républicain.
La première eut lieu en 1285 sous le podestat Tedaldo de Brescia , pendant que Conrad de Soresina était capitaine du peuple. Le but de cette compilation était de réunir des lois qui servissent de fondement à la liberté publique. Elle fut divisée en soixante-dix rubriques 2.
La seconde fut publiée en 1353 par les soins particuliers de Thomas de Gubio, célèbre jurisconsulte de ces temps là, et de Lapo de Prato. Plus étendue que la précédente, celle-ci comprenait mille trois cents rubriques environ, disposées en huit livres, traitant du droit pubhc et du droit civil.
* Deux volumes relatifs aux statuts de Pise ont déjà été publiés par M. Bonaini, le premier et le troisième; le deuxième, qui contiendra le constitutum legis ei\e constitutum wsws, n'a point encore paru, quoiqu'il soit attendu avec la plus vive impatience.
'^ Dans la vie d'Ambroise Traversari, Méhus a écrit, p. 165 : « Slatutorum Florentinorum summa Dino tradita (anno 1294.) coUegaequc data. Horum versavi exemplum inter codiccb qui in monasterio S. Mariée novellse custodiuntur.»
Pour (Witor rinc()nv(*ni<Mil de ccAUi confusion de statuts (juc nous avons indiquée, dans le xiv« siècle, les Florentins proposèrent de créer des syndics élus tous les ans, pour procéder à la correction des lois selon l'exigence des circonstances.
Mais le remède se tournait on rnal, pui>qu'à chaque instant on changeait, comnne disait Dante, les lois, la monnaie, les fonctions et les mœurs *, et la sollicitude des magistrats faisait preuve de hon vouloir plutôt qu'elle ne se rendait utile ^. La démocratie pure s'était étahlie à Florence depuis les temps les plus reculés, au point que, pour empêcher que les citoyens opulents ne fussent pas trop souvent élus chefs (Priori) àQ?, arts, dignité politique suprême dans la république, on décida que l'élection des prieurs se ferait par le sort. Vers la fm du xive siècle, la constitution du pays ayant été changée en partie, il fut résolu que le gonfalonnier, dignité devenue suprême, serait toujours choisi dans la noblesse.
La troisième compilation des statuts florentins eut lieu en 1408. Elle comprenait quatre livres, et fut publiée par Barthélémy de Monte Granaro, mais l'ouvrage ne parut pas bien fait, et on fit une autre réforme en
Purgatoire, chant 6.
Quante voile del tempo che rimembre Legge, moneta ed officio e costume Hai tu mutato e rinnovato membre ;
E se ben ti ricorda e vedi lume Vedrai te somigliante a queir inferma Che non puo trovar posa in sulle piume Ma con dar vdlta sii dolore scherma.
^ Machiavel, histor. Fiore., liv. III.